Centrafrique: le président de transition se dit "prêt à discuter" avec les milices chrétiennes

Le président centrafricain Michel Djotodia, le 30 novembre 2013 à Bangui (Centrafrique).
Le président centrafricain Michel Djotodia, le 30 novembre 2013 à Bangui (Centrafrique). (SIA KAMBOU / AFP)

Michel Djotodia s'est exprimé samedi sur l'antenne de RFI.

Le président centrafricain de transition, Michel Djotodia, tend la main aux milices chrétiennes anti-balaka. Dans un entretien à RFI samedi 14 décembre, le premier président musulman d'un pays majoritairement chrétien s'est déclaré prêt "à discuter" de l'amnistie et de la représentation au gouvernement de ces milices.

"Je suis prêt à discuter non seulement avec les 'anti-balaka' (anti-machette) mais aussi avec tous ceux qui sont épris de justice et de paix, je suis prêt à tendre la main", a-t-il précisé. "Je vais demander à tous les 'anti-balaka' de sortir, et dis qu'ils ne seront jamais inquiétés", a affirmé Michel Djotodia, qui s'est engagé à "prendre des mesures pour pouvoir libérer certains" qui ont été arrêtés.

Des préalables aux négociations

Selon le président centrafricain de transition, les milices chrétiennes, composées notamment de partisans de l'ancien président François Bozizé, renversé en mars, ont posé "quelques préalables" à des discussions. "Nous sommes prêts à accéder à certains de ces préalables", a-t-il assuré.

Il a ainsi indiqué que les "anti-balaka" exigeaient des garanties de "sécurité" ainsi qu'une "aministie". Par ailleurs, a ajouté le président de transition, "ils se disent lésés, qu'il n'y a pas assez de leur ethnie dans le gouvernement, ils veulent que les Gbayas [ethnie de l'ex-président Bozizé, originaire de l'ouest du pays ndlr] soient représentés dans le gouvernement".

Mais pour Djotodia, "ce point précis doit faire l'objet de débats parce que l'ancien régime a envoyé deux de ses représentants dans le gouvernement" de transition, dit-il. Le 5 décembre, les milices d'autodéfense chrétiennes, jusque-là surtout actives dans l'ouest du pays, ont lancé une offensive dans Bangui contre des positions de l'ex-rébellion Séléka et des quartiers musulmans. Cette attaque a entraîné les représailles sanglantes des combattants Séléka et précipité l'intervention de la France.

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