Centrafrique : comment faire avancer l'accord de paix ?

Casques bleus sénégalais en train de patrouiller à Bangui (Centrafrique), le 24 avril 2017.
Casques bleus sénégalais en train de patrouiller à Bangui (Centrafrique), le 24 avril 2017. (Reuters - BAZ RATNER / X02483)

Les partenaires internationaux de la Centrafrique se sont réunis le 17 avril 2019 à Bangui pour "faire avancer la mise en œuvre" de l'accord de paix signé début février, à l'issue d'une visite conjointe de l'ONU et de l'Union Africaine (UA) dans le pays. 

"Nous sommes réunis ici pour regarder, avec tous les partenaires de la République centrafricaine, comment nous pouvons soutenir le plus efficacement possible la mise en œuvre de tous les éléments clefs de l'accord", a déclaré le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les opérations de paix, Jean-Pierre Lacroix. Accompagné du commissaire à la Paix et la Sécurité de l'UA, Smaïl Chergui, Jean-Pierre Lacroix était arrivé le 14 avril à Bangui pour une visite de quatre jours.

Les deux hommes se sont notamment rendus le lendemain à Bambari, ville du centre du pays, théâtre de nombreux combats depuis le début de l'année, où Ali Darassa, chef de l'un des groupes armés, a officiellement été nommé conseiller ministériel. Le directeur Afrique de l'Union européenne, Koen Vervaeke, a également pris part à cette réunion du Groupe international de soutien à la Centrafrique, réunissant les partenaires du pays en crise depuis 2013. "Nous percevons aujourd'hui les résultats de l'accord. Les violences ont baissé de manière drastique", s'est félicité Smaïl Chergui.

Encore des affrontements

Lors de cette rencontre, la Banque mondiale a notamment annoncé vouloir débloquer près de 100 millions de dollars (89 millions d'euros). L'ambassadrice de l'UE en Centrafrique, Samuela Isopi, a de son côté rappelé que l'Europe allait appuyer financièrement la mise en place des patrouilles mixtes issues de l'accord dit "de Khartoum".

L'accord de paix a été signé début février à Bangui entre les quatorze groupes armés et les autorités. Préparé depuis 2017 par l'UA, il est le huitième signé depuis le début de la crise en 2013. Un nouveau gouvernement a été nommé à la suite de cet accord, puis remanié après des désaccords entre les groupes armés.

Si la dernière équipe gouvernementale en date reste largement acquise aux fidèles du président Faustin-Archange Touadéra, de nombreux représentants de groupes armés ont été nommés à des postes de responsabilité. Malgré cela, plusieurs affrontements ont eu lieu dans le pays depuis la signature de l'accord. Début avril, l'ONU a lancé une opération militaire d'envergure contre un groupe armé de l'ouest du pays. 

Riche en ressources naturelles, la Centrafrique est déchirée par la guerre. Celle-ci a contraint près d'un quart des 4,5 millions d'habitants à fuir leur domicile.

Vous êtes à nouveau en ligne