Ce que l'on sait de l'enlèvement de sept Français au Cameroun

Un panneau photographié en octobre 2008 indique l\'entrée du parc national de Waza, au Cameroun. Les sept Français enlevés le 19 février 2013 revenaient de ce parc lorsqu\'ils ont été capturés.
Un panneau photographié en octobre 2008 indique l'entrée du parc national de Waza, au Cameroun. Les sept Français enlevés le 19 février 2013 revenaient de ce parc lorsqu'ils ont été capturés. (MARC PREEL / AFP)

François Hollande a confirmé l'enlèvement de quatre enfants et trois adultes français "d'une même famille", mardi, dans le nord du pays "par un groupe terroriste" nigérian.

Quatre enfants et trois adultes français ont été enlevés mardi 19 février à Dadanga, dans le nord du Cameroun, par un "groupe terroriste" nigérian, a confirmé François Hollande. Leurs ravisseurs pourraient être les groupes Boko Haram ou Ansaru. Francetv info fait le point sur cet enlèvement.

Qui sont ces Français ?

Il s'agit d'un couple, de leur quatre enfants âgés de 5, 8, 10 et 12 ans, et de leur oncle, selon un diplomate occidental cité par l'AFP. Ces expatriés vivent à Yaoundé, la capitale du Cameroun, selon Le Parisien, qui précise que les enfants sont tous des garçons. "Les parents travaillaient dans une entreprise francaise implantée au Cameroun", a précisé François Hollande mardi. Il s'agit de GDF Suez, comme l'a confirmé l'entreprise sur Twitter.

Ils ont été enlevés vers 7 heures du matin dans un petit village situé à une dizaine de kilomètres de la frontière du Nigeria, où les Occidentaux se rendent souvent en villégiature, selon RFI. Après une nuit dans un campement touristique, ils revenaient du parc naturel de Waza, classé à l'Unesco, une zone qui n'était pas particulièrement déconseillée aux touristes français. "Les Français conduisaient leur propre véhicule et se dirigeaient vers le parc national de la Bénoué, plus au sud", ajoute Le Parisien, qui rapporte le récit d'un témoin : "J'ai vu des hommes installés sur des motos et équipés de Kalachnikovs attaquer un véhicule. L'un des ravisseurs est monté dans le 4x4 des Français et ils sont partis !"

Où se trouvent-ils ?

Les Français ont été conduits en territoire nigérian, selon la radio RFI. En marge d'un déplacement officiel à Athènes, François Hollande s'est, lui, montré plus prudent, avançant que "la plus grande probabilité, c'est qu'ils soient emmenés au Nigeria. Donc nous faisons tout pour éviter qu'ils soient retenus dans ce pays. Nous devons avertir aussi tous les touristes dans cette zone du Cameroun d'éviter de s'exposer et nous devons aussi tout faire pour retrouver nos compatriotes". Le président a ajouté que "nous ferons tout pour les libérer, j'espère dans les prochains jours"

Francetv info

Qui sont leurs ravisseurs ?

Le groupe a été "enlevé par un groupe terroriste que nous connaissons et qui est au Nigeria", selon le président français, qui a rappelé "l'implantation d'un groupe terroriste, Boko Haram en l'occurrence, dans cette partie-là du Cameroun". Selon le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, "c'est probablement le groupe Boko Haram qui est à l'origine de cet enlèvement""Nous avons de forts soupçons sur la secte islamiste Boko Aram", a déclaré une source sécuritaire camerounaise.

Les ravisseurs pourraient toutefois appartenir au groupe Ansaru, composé de dissidents de Boko Haram, selon une analyste d'un cabinet de sécurité privé contactée par francetv info. "Ce sont eux qui ont enlevé le Français Francis Colump en décembre dans le nord du Nigeria, pour protester contre l'intervention française au Mali et la loi sur le voile, rappelle-t-elle. La branche principale de Boko Haram n'a jamais enlevé personne. Ansaru est un groupe islamiste proche d'Al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi)."

Lundi, Ansaru a revendiqué l'enlèvement ce week-end de sept employés étrangers de la société de construction libanaise Setraco, comme le rapporte Europe 1. Il s'agit de la plus importante prise d'otages jamais réalisée dans le nord du Nigeria. Ce groupe relativement nouveau et en pleine expansion est soupçonné par certains d'être directement lié à la secte extrémiste Boko Haram, dont les actions violentes ont fait des centaines de morts dans le nord et le centre du pays depuis 2009. 

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