Au Cameroun, plus de 850 000 enfants privés d’école dans les régions anglophones

Un enseignant dirige sa classe sous un arbre à Moho, un village de la province du Nord au Cameroun, en septembre 2016.
Un enseignant dirige sa classe sous un arbre à Moho, un village de la province du Nord au Cameroun, en septembre 2016. (REINNIER KAZE / AFP)

Deux mois après le début de l’année scolaire, la grande majorité des écoles publiques reste fermée dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun, selon l’Unicef. 

Les parents n’envoient pas leurs enfants à l'école et les enseignants ne s’y rendent pas. La violence et l’instabilité qui règnent depuis trois ans dans les provinces anglophones du Cameroun ont des répercussions graves sur l’éducation. Selon l’Unicef, plus de 850 000 enfants sont déscolarisés et leur avenir est compromis.

Lorsque les enfants ne sont pas scolarisés, ils courent un plus grand risque d'être recrutés par des groupes armés. (...) Ils peuvent aussi être la cible d'autres formes d'exploitation et de maltraitanceHenrietta Fore, directrice générale de l'Unicef

Des cours diffusés à la radio

L’Unicef tente d’encadrer au mieux les enfants et met en place "une routine d’apprentissage" pour que les plus jeunes ne perdent pas les notions acquises et continuent de travailler hors de l’école. Des cours sont dispensés dans des locaux gérés par la communauté et quand les enfants ne peuvent pas du tout se déplacer, des leçons interactives en anglais sont diffusées quotidiennement à la radio.

Le principe d’enseignement par la radio a été testé, pour la première fois, lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2013, et a fait ses preuves. Le programme a ensuite été développé et diffusé dès 2016 au Cameroun.

Nous explorons de nouvelles méthodes innovantes pour permettre aux enfants d’apprendre, mais cela ne suffit pas. L’éducation doit rester au-dessus de la politique.Henrietta Fore, directrice de l'Unicef

Depuis octobre 2016, la minorité anglophone, qui représente 16% des Camerounais, proteste contre sa "marginalisation culturelle et politique". La crise a dégénéré en un conflit ouvert entre groupes séparatistes et l'armée, qui a fait 3 000 morts et plus d'un demi-million de déplacés.

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