Burundi : le président Nkurunziza réélu pour un troisième mandat contesté

Le président burundais Pierre Nkurunziza vote dans son fief, le village de Buye, dans le nord du Burundi, le 21 juillet 2015.
Le président burundais Pierre Nkurunziza vote dans son fief, le village de Buye, dans le nord du Burundi, le 21 juillet 2015. (BENJAMIN EVRARD / REUTERS)

Sa candidature avait plongé le pays dans une grave crise politique. Il a obtenu 69,41% des suffrages. 

Alors que plus de 160 000 Burundais ont fui le pays, le président burundais, Pierre Nkurunziza, a été réélu dès le premier tour sans surprise, vendredi 24 juillet, pour un troisième mandat controversé, après trois mois d'une grave crise politique déclenchée par sa candidature, jugée anticonstitutionnelle, par ses opposants. Pierre Nkurunziza, élu en 2005 et déjà réélu en 2010, a obtenu 69,41% des suffrages exprimés lors du scrutin de mardi, selon les résultats proclamés par le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Pierre-Claver Ndayicariye.

La participation s'est élevée à 73,44%, selon la Céni, alors qu'observateurs et journalistes avaient constaté une affluence moyenne dans les bureaux de vote. La large victoire au premier tour de Pierre Nkurunziza était largement attendue, l'opposition ayant appelé au boycott du scrutin. Le chef de l'Etat l'emporte dans 16 des 18 provinces du pays, notamment à Bujumbura, qui lui est traditionnellement hostile, mais où votaient de nombreux militaires et policiers déployés dans la capitale le jour du vote.

Le principal opposant obtient 18,99%

Principal opposant, Agathon Rwasa, qui représentait la coalition d'opposition des Indépendants de l'espoir, arrive en deuxième position avec 18,99% des suffrages. Il l'emporte d'une courte tête dans les provinces du Bujumbura rural, son fief traditionnel, et de Rumonge (sud-est). Sans retirer formellement sa candidature, Agathon Rwasa avait indiqué ne pas reconnaître la légitimité du scrutin.

Derrière arrivent Gérard Nduwayo, candidat de l'Uprona, le principal parti tutsi (2,14%), Jean Minani (Frodebu-Nyakuri, opposition, 1,36%), Jacques Bigiramana (FNL, 1,01%), l'ex-président Domitien Ndayizeye (0,71%), Jean de Dieu Mutabazi (mouvance présidentielle, 0,16%) et l'ancien chef de l'Etat Sylvestre Ntibantunganya (0,14%). L'Uprona et les FNL, partis d'opposition dont les chefs historiques ont été évincés récemment, sont désormais considérés comme des alliés du CNDD-FDD. 

 

Vous êtes à nouveau en ligne