Le Burkina Faso veut redevenir le leader africain du coton

Des fermiers burkinabè transportent du coton lors de la campagne de 2007 à Pama, au centre du pays.
Des fermiers burkinabè transportent du coton lors de la campagne de 2007 à Pama, au centre du pays. (ISSOUF SANOGO / AFP)

Le Burkina Faso tente de relancer sa production de coton. Longtemps au premier rang des producteurs africains, le pays est désormais doublé par le Mali. Les deux dernières campagnes ont été médiocres, contrariées par une faible pluviométrie. Le pays a aussi beaucoup de mal à se remettre de l’abandon du coton OGM.

Le coton représente tout de même la première culture du pays, assurant plus de 28% du PIB agricole et 4% de sa richesse totale, et faisant vivre quatre millions de personnes. Mais les récentes difficultés de la filière ont poussé certains producteurs à changer de culture. Un cercle vicieux qui réduit encore un peu plus la production nationale. Ainsi, la campagne 2017-2018 a été marquée par un recul de 13 % sur les prévisions initiales avec 650 000 tonnes.

La filière a aussi été profondément secouée par l’expérience du coton OGM. A partir de 2008, la firme américaine Monsanto, rappelle Le Monde, proposait le coton BT, une semence génétiquement modifiée. Six ans plus tard, 140 000 exploitants étaient passés au coton BT. Les rendements étaient au rendez-vous et les gains avec ! Mais le talon d’Achille de ce coton résidait dans sa fibre.

Plus court et de moins bonne qualité que le coton traditionnel, il a été boudé sur les marchés. "Du fait d’une qualité de fibre moins bonne, le coton burkinabé était dorénavant directement en concurrence avec le coton pakistanais, qui se négocie à un prix inférieur" explique le site internet Inf’OGM. Les pertes ont été estimées à plus de 70 millions d’euros par la filière.

L'échec des OGM

"Malheureusement, aucune solution technique à ce problème n’a été apportée à ce jour, à l’immense déception de la filière" expliquait en août 2016 Ali Compaoré, le Secrétaire à l’information de l’inter-profession.

Exit donc le coton BT. Un retour à la case départ qui a découragé plus d’un exploitant. Le fait de revenir au coton traditionnel est plus exigeant en travail, et son rendement est moins bon. La filière doit donc se reconstruire de toute urgence. Pour cette année, le pays espère une récolte de 836 000 tonnes, soit un tiers de mieux que l’année précédente. Et, peut-être, redépasser le Mali, premier du classement.


Pour encourager les cotonculteurs, engrais et insecticides ont été subventionnés à hauteur de 16 milliards de francs CFA (environ 24 millions d’euros) par l’Etat et les sociétés cotonnières. Un vaste plan d’irrigation a aussi été lancé avec le soutien de la Banque mondiale. L’aménagement des parcelles pour conserver l’humidité et la création de bassins d’irrigation (200 au total) doivent permettre d’améliorer les rendements.

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