Burkina Faso : des manœuvres militaires, Flintlock 2019, réunissent 33 pays pour contrer le terrorisme au Sahel

Soldats ouest-africains à l\'entraînement durant les manoeuvres Flintlock 2015. Tchad février 2015.
Soldats ouest-africains à l'entraînement durant les manoeuvres Flintlock 2015. Tchad février 2015. (STRINGER . REUTERS / X80002)

De grandes manœuvres ont commencé le 18 février 2019 au Burkina Faso sous l’égide des Etats-Unis pour aider les armées africaines à mieux combattre les menaces terroristes. 2000 militaires, originaires de 33 pays d'Afrique et d'Europe, ont entamé lundi, près de Ouagadougou, des exercices visant à renforcer leurs capacités opérationnelles dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

Le Flintlock est le grand exercice militaire annuel des forces américaines pour l’Afrique. Organisé depuis 2005 par le Commandement des États-Unis pour l'Afrique (Africom), l’exercice consiste à renforcer les capacités des pays africains à travailler ensemble pour assurer la sécurité des populations.

L'ambassadeur des États-Unis au Burkina Faso, Andrew Young, a souligné la nécessité de coopérer contre le terrorisme, "une menace globale et régionale, à laquelle nous faisons face". "Nous n'en viendrons à bout qu'en le combattant ensemble et Flintlock représente l'occasion idéale d'apprendre comment opérer aux côtés les uns des autres", a-t-il ajouté

"Au moment où nous lançons l'exercice Flintlock 2019, la situation sécuritaire dans l'espace sahélo-saharien est marquée par une récurrence des activités des groupes armés terroristes au centre du Mali, au Niger, et au Burkina Faso, ce qui constitue un sujet de préoccupation majeure pour nos Etats et nous rappelle la fragilité de nos espaces respectifs face au fléau de l'insécurité que constituent la menace terroriste, la criminalité organisée et les trafics d'armes et de drogues", a déclaré le ministre burkinabè de la Défense, Chériff Sy.

L'exercice a été réorienté pour que la formation soit désormais axée sur les menaces réelles dans l'espace sahélo-saharienGénéral américain Mark HicksAFICOM

Le Burkina Faso est de plus en plus vulnérable du fait de la fragilité de sa situation sécuritaire et de l’insécurité alimentaire, aggravée par le déplacement forcé des populations, qui fuient les violences des groupes armés.


Région fragile et difficile à controlée

Des islamistes s'étaient emparés en 2013 du nord du Mali, avant d'en être en grande partie chassés par une intervention militaire française. Mais ils ont regagné du terrain dans le centre de ce pays. Le phénomène s'étend au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires et à des trafics en tout genre.

Le Tchad subit, quant à lui, des attaques dans l'ouest avec l'insurrection des islamistes nigérians de Boko Haram. Les experts redoutent que les djihadistes qui ont réussi à quitter la Syrie se replient sur la région du lac Tchad, un des derniers bastions islamistes avec l’Afghanistan.

Le Burkina Faso, pays hôte de l'édition 2019 de l'exercice multinational, abrite son poste de commandement principal à Kamboinssin et trois sites de manœuvres à Loumbila, Pô et Bobo Dioulasso.

Un poste avancé clé a également été mis en place à Atar, (400 kilomètres au nord de Nouakchott), en Mauritanie, où un exercice se déroulera partiellement.

Ces manœuvres, qui vont durer jusqu’au 1er mars, coïncident cette année avec l’organisation du festival de cinéma panafricain de Ouagadougou (Fespaco) qui attire tous les deux ans des milliers de journalistes et de personnalités du cinéma. Un trafic aérien intense est attendu sur Ouagadougou à la fin de ce mois de février.

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