Libye. Le principal groupe salafiste délogé de son QG par des manifestants à Benghazi

Des manifestants libyens tiennent une pancarte : \"Le peuple ne veut pas de milices\", dans les rues de Benghazi, le 21 septembre 2012.
Des manifestants libyens tiennent une pancarte : "Le peuple ne veut pas de milices", dans les rues de Benghazi, le 21 septembre 2012. (ABDULLAH DOMA / AFP)

Dix jours après l'attaque du consulat américain qui a coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis, certains Libyens s'en prennent aux milices.

LIBYE - Des centaines de manifestants ont délogé vendredi 21 septembre dans la soirée le groupe salafiste d'Ansar al-Charia de la caserne qu'il occupait au centre de Benghazi, dans l'est de la Libye. Ils ont mis le feu à l'installation militaire, selon un journaliste de l'AFP. Au cours de ces combats, au moins quatre personnes ont été tuées et quarante blessées, selon un décompte de l'agence de presse, basé sur les bilans de trois hôpitaux de la ville.

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Sous la pression des manifestants, les membres du groupe qui avait été montré du doigt dans l'attaque du consulat américain, ont tiré en l'air avant de quitter la caserne qui a été investie par des centaines d'habitants de Benghazi qui protestaient contre les "milices hors la loi". Au cris de "le sang des martyrs n'a pas été versé en vain", les manifestants sont entrés dans la caserne qui a été saccagée, pillée et incendiée, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Incapacité des autorités à assurer la sécurité

Auparavant, des dizaines de milliers de Libyens avaient manifesté à Benghazi contre les milices armées, dix jours après l'attaque du consulat américain du 11 septembre 2012 qui avait coûté la vie à l'ambassadeur des Etats-Unis Chris Stevens et trois autres Américains. L'attaque contre le consulat américain, déclenchée lors d'une manifestation contre le film anti-islam produit aux Etats-Unis, a illustré l'incapacité des autorités à assurer la sécurité dans le pays ainsi que la montée en puissance de groupes islamistes radicaux en Libye.

Avant de se diriger vers la caserne d'Ansar al-Charia (les partisans de la loi islamique) les manifestants avaient déjà délogé une autre milice qui avait élu domicile dans un bâtiment de la sécurité libyenne dans le centre de la ville. Benghazi, la deuxième ville de Libye, d'où était partie en 2011 la contestation contre le régime de Kadhafi, a été le théâtre ces derniers mois de plusieurs attaques contre des intérêts occidentaux et d'assassinats de responsables de la sécurité.

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