Aux Comores, un terrain attribué à deux ambassades provoque un incident diplomatique

La capitale de l\'archipel des Comores, Moroni, photographiée le 7 mars 2009.
La capitale de l'archipel des Comores, Moroni, photographiée le 7 mars 2009. (GUY BOUCHET / PHOTONONSTOP / AFP)

Une erreur de l'administration comorienne a donné le même terrain à bâtir à deux pays.

Deux panneaux, l'un libyen, l'autre iranien, sont plantés sur un même terrain à bâtir à Moroni, la capitale des Comores. Une erreur de l'administration a attribué cette parcelle aux deux pays pour la construction de leur ambassade. "C'est plus qu'une situation désagréable ou un malentendu, c'est une grosse gaffe", a commenté lundi 13 octobre auprès de l'AFP un haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères.

Une réunion prévue en fin d'après-midi avec les deux parties n'a rien donné, puisqu'aucun des deux pays n'a envoyé de représentant. Au moment de l'immatriculation de la parcelle par la Libye, un fonctionnaire des services domaniaux avait pourtant alerté les autorités qu'un décret présidentiel avait déjà attribué le même site à l'Iran au début des années 1990.

"L'Iran veut son terrain"

Mais en fin de semaine dernière, les deux pays ont planté chacun un panneau revendiquant la propriété du site, situé dans le quartier de Hamramba, au sud de la capitale, en face de l'Assemblée fédérale à Moroni. "La propriété est détenue par l'ambassade de la République islamique d'Iran", dit le panneau iranien. "Propriété de l'ambassade de Libye. Attribué par l'Etat comorien à l'Etat libyen", dit celui de la Libye, suivi des références sur les numéros d'immatriculation et du permis de construction.

Les autorités comoriennes envisageraient de régler le litige en réattribuant à chacun un autre terrain dans la région de Bahani, à une dizaine de kilomètres, sur les hauteurs de la capitale. Mais "je crains que cette solution ne satisfasse aucune partie. En tout cas, l'Iran nous a clairement fait savoir que ce n'était pas une petite affaire, et qu'il veut son terrain", a expliqué le haut fonctionnaire.