Ali Bongo part favori pour l'élection présidentielle au Gabon dimanche

(Radio France © France Info)

Les gabonais vont élire dimanche le successeur du président Omar Bongo. Onze des 23 candidats à la présidentielle se désistent en faveur de l'ex-ministre André Mba Obame. Une stratégie pour faire face au favori du scrutin, Ali Bongo, le fils du président décédé en juin.

Beaucoup n’ont encore jamais vu de bulletin de vote portant un autre nom que celui de l'ex-chef de l'Etat.
Omar Bongo a régné 40 ans sur l'"émirat" pétrolier du golfe de Guinée.
La disparition du "baobab gabonais", considéré comme l'un des piliers de la "Françafrique", a laissé un vide politique dans ce petit pays, riche en uranium, en fer et en bois précieux.
Les inégalités sociales sont criantes.
Omar Bongo avait de très nombreux détracteurs.
Ils l'accusaient d'enrichissement personnel.
Malgré tout, le Gabon reste un pôle de stabilité dans une région en proie à la tourmente.

Ali Bongo favori

Le fils aîné de Omar Bongo, Ali Bongo, 50 ans, est sans doute le candidat qui fait le plus parler de lui pour cette élection.
Ministre de la Défense depuis 1999, il a aussi occupé une place importante, notamment dans les médias.
Il bénéficie de la confortable cagnotte familiale, de la force de frappe du parti créé par son père, le Parti démocratique gabonais, et du soutien de la plupart des chefs du régime.
Dans les rues de Libreville, les affiches d'Ali Bongo sont omniprésentes.
Elles ont remplacé les panneaux géants proclamant "Gloire éternelle à notre regretté président" en hommage à Omar Bongo.

Pour conquérir le pays, Ali Bongo a choisi l'humour, un vocabulaire châtié.
"Le 30 août, arrêtez-vous sur mon bulletin blanc avec ma belle tête qui va vous regarder, mes yeux qui vont vous dire, prends-moi ! Prends-moi !", a lancé Ali Bongo dans l’un des ses meetings à Port-Gentil, capitale économique du Gabon.
Le fils du "Boss", comme on appelait Omar Bongo, se présente comme le joueur d'un match de football. Il invite le public à lui faire des passes pour marquer "de beaux buts".
"Mais je veux des buts propres, pas de penalty", dit-il, en mettant en garde
contre des fauteurs de troubles dans cette deuxième ville du pays considérée
comme un fief de l'opposition .
Port-Gentil avait d’ailleurs été le théâtre d'émeutes lors du passage au multipartisme en 1990.

Un trésor de guerre qui inquiète

Même si Ali Bongo part favori, la crainte de la fraude agite l'opposition.
Ses adversaires l'accusent de bénéficier de l'important "trésor de guerre" du PDG, le Parti démocratique gabonais pour financer sa campagne.
"Avec le PDG, rien n'a changé en 40 ans", lance un commerçant à la retraite.
"On ne peut pas continuer avec des gens qui sont là depuis si longtemps. La transparence n'existe pas. Les Gabonais veulent une nouvelle république et un nouveau chef d'Etat, pas le PDG", ajoute-t-il.

Depuis la mort du doyen des chefs d'Etats du continent africain, c’est la présidente du Sénat Rose Francine Rogombé qui a été investie "provisoirement" présidente de la République.

Le résultat du scrutin devrait être connu dans les heures qui suivront la fermeture des bureaux de vote.
D’ores et déjà, certains observateurs craignent des troubles en cas de contestation.
"Les gens sont nerveux en cette période pré-électorale. Ce n'est pas arrivé depuis 40 ans", souligne un diplomate occidental.

Mikaël Roparz, avec agences

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