Les Algériens déferlent dans la rue pour le premier anniversaire de la contestation

Des manifestants algériens brandissent le drapeau lors d\'une manifestation anti-gouvernementale à Alger, le 21 février 2020.
Des manifestants algériens brandissent le drapeau lors d'une manifestation anti-gouvernementale à Alger, le 21 février 2020. (RYAD KRAMDI / AFP)

En 2019, six semaines de manifestations massives avaient poussé l'état-major de l'armée, pilier du régime, à exiger et obtenir le 2 avril la démission d'Abdelaziz Bouteflika.

"Le peuple veut la chute du régime", "le gang des bandits doit partir". Les Algériens ont manifesté très massivement, vendredi 21 février, entretenant, à la veille de son premier anniversaire, la flamme d'une contestation inédite qui a chassé le président Abdelaziz Bouteflika.

A Alger, la manifestation n'a cessé de grossir au fil de l'après-midi, au point d'emplir plusieurs axes du centre-ville. En l'absence de comptage officiel ou indépendant, les manifestants étaient impossibles à dénombrer, mais la mobilisation impressionnante semblait proche de celle des grandes manifestations du Hirak, le "mouvement" populaire de contestation inédit qui agite l'Algérie.

De nombreux drapeaux amazigh (berbères) ont réapparu parmi la foule après avoir été interdits par l'armée dans les cortèges et qui avaient valu ces derniers mois, à des centaines de manifestants, d'être arrêtés.

Des marches imposantes se sont également déroulées à Oran, Constantine et Annaba, localités les plus peuplées après Alger, ainsi que dans plusieurs autres villes de province.

"Continuer la mobilisation"

Le vendredi 22 février 2019, de nombreux Algériens, qu'on disait alors résignés et dépolitisés, ont envahi les rues du pays, pour s'opposer à la volonté annoncée du président Bouteflika –quasi-invisible et muet depuis un AVC en 2013– de briguer un 5e mandat.

Six semaines de manifestations massives ont poussé l'état-major de l'armée, pilier du régime, à exiger et obtenir le 2 avril la démission d'Abdelaziz Bouteflika. Assumant ouvertement le pouvoir, le haut commandement militaire a balayé ensuite les revendications du Hirak sur un changement du "système", et multiplié les arrestations.

Dans un entretien jeudi soir avec la presse nationale, le président Abdelmadjid Tebboune, ex-fidèle de Bouteflika élu en décembre lors d'une présidentielle massivement boudée, a rendu hommage au Hirak. Il a assuré qu'il allait mettre en œuvre "l'ensemble de ses revendications".

Mais, dans un "Manifeste du 22-Février" distribué vendredi parmi les manifestants, des organisations proches du Hirak exhortent la contestation à "continuer la mobilisation", rappelant la "volonté de rupture avec les institutions actuelles" et son refus "que le processus de changement soit confié au pouvoir en place".

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