Législatives en Algérie: candidates «sans visage», abstention et indifférence

(Billal Bensalem / NurPhoto/AFP)

Meetings annulés, réseaux sociaux aphones, indifférence des médias... les législatives du 4 mai 2017 ne passionnent pas les Algériens. Les autorités multiplient les initiatives pour contenir pour une abstention qui s’annonce massive.


Les appels à voter ne rencontrent aucun écho. Les Algériens boudent la campagne des législatives et semblent se diriger une nouvelle fois vers une abstention record. La Haute instance de surveillance des élections a dû se résoudre à un constat amer: les partis politiques annulent leurs meetings, la presse se contente d’une couverture minimale de la campagne électorale, l’engouement a laissé place à l’indifférence. Les Algériens semblent prêter une sourde oreille au slogan officiel: «Fais entendre ta voix». Pourtant, le régime a pris ses précautions: les boycotteurs sont interdits de télévision et de radio.
 
Des candidates «sans visage»
Cette campagne a été marquée par l’absence de «visages» des candidates islamistes sur les affiches électorales. Devant le tollé sur les réseaux contre ces «visages floutés», les autorités ont dû revoir leur position et menacer les partis concernés de se conformer à la loi. 


«Le FLN est là pour un autre siècle»
«Les Algériens ont l’impression que rien ne changera pour eux. Qu’ils votent ou pas, la majorité restera la même. C’est le principe d’une démocratie arabe, une démocratie sans alternance», explique à Géopolis un éditorialiste.  Et les propos du secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), au pouvoir depuis l’indépendance en 1962, ne sont pas pour rassurer l’opposition: «Le FLN est là pour un autre siècle.»

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Capture d'écran (DR)


Le seuil des 42%
Les autorités redoutent que l’abstention ne soit aussi importante qu’en 2012 où la participation (officielle) avait atteint péniblement 42%. «Dans cette succession d’opérations électorales réglées comme du papier à musique et qui nous tiennent lieu de vie politique, il n’y a que deux grains de sable possibles: le boycott des partis politiques et l’abstention populaire. Parce qu’on ne peut entretenir la fraude électorale à ce niveau décisif et assurer, en même temps, l’attrait du vote. Mais dans son obstination à durer, le pouvoir a appris à se passer de crédibilité», tranche Mustapha Hammouche dans Liberté.
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