Le règlement de compte au «barbecue» s’exporte en Algérie

Patrouille de police à Alger
Patrouille de police à Alger (New Press)

Selon le quotidien algérien El Watan, le pays est marqué par une guerre des gangs qui ne cesse de monter en puissance. Les règlements de comptes se multiplient, une centaine dans l’année. Et pour éviter d’être arrêtés par la police, les meurtriers brûlent les corps.

«Les malfaiteurs s’inspirent de techniques en vigueur dans les pays les plus touchés par les meurtres». Le quotidien cite la France bien sûr. Marseille et Paris où « le phénomène a battu des records.»

Et en effet la méthode vient de la citée phocéenne où un nom lui a même été donné :« le barbecue». Soit un homicide par balle, suivi de l’incendie du corps de la victime dans un véhicule. «On brûle parce que c’est efficace » confie à l’Express Laurent Mucchielli, de l’observatoire Régional de la délinquance.
 
Le but est bien sur de faire disparaître tout indice, à Marseille comme à Alger. Selon El Watan, cette démarche est récente en Algérie. Ce qui, à ses yeux, illustre deux réalités.
 
En premier lieu, police et gendarmerie ont intégré des méthodes d’investigation modernes, et le taux d’élucidation des crimes a progressé. Pour le seul mois de juillet 2014 à Alger, la police a traité 17 affaires de crimes de sang. Les enquêtes ont conduit à l’arrestation de 24 personnes toutes identifiées par leur ADN. Pour échapper à cette traque moderne, les criminels mettent donc le feu.
 
Mais l’autre réalité concerne la hausse vertigineuse des meurtres, et des crimes de sang. Une centaine de règlements de compte en 2012 selon El Watan, dont plus d’un tiers pour Alger. Le nombre atteint 150 morts en 2013. La plus part du temps, c'est le fruit de la rivalité entre gangs précise le quotidien qui n’en dit pas plus.
 
Les autorités très discrètes
Une réalité absente de la communication officielle. Que ce soit la gendarmerie ou la police, personne, sur internet, n’évoque ces crimes de sang. Il est très difficile de trouver des données statistiques sur les meurtres dans les sites officiels. Et impossible de trouver la moindre trace de «barbecue»

La gendarmerie donne tout de même le nombre d’homicides volontaires pour les 6 premiers mois de 2013. Ils sont en hausse de 18% par rapport à la même période de 2012. 217 homicides volontaires pour la seule zone gendarmerie en six mois, c’est beaucoup. D’autant que le nombre est vraisemblablement supérieur pour la police.
 
A titre de comparaison, en France, le nombre d’homicides volontaires s’élève à 665 pour l’année 2012 (un taux de 1 pour 100.000 habitants). En 2013, les règlements de comptes, particulièrement à Marseille, ont défrayé la chronique. Il y en a eu 51 en France, moitié moins  qu’en Algérie.
Vous êtes à nouveau en ligne