"Le film a reçu près de 40 prix dans le monde mais un César, on serait ravis de l'avoir" : Patrick André producteur heureux de "Papicha"

Il a fait le pari de produire un premier film ambitieux sur une bande de filles libres et insoumises dans l'Algérie des années noires. Rencontre avec Patrick André, le producteur de "Papicha".

Avec près de 300 000 entrées, Papicha a déjà enchanté le public et la critique. Sélectionné à Cannes dans la catégorie Un certain regard, le film de Mounia Meddour est aussi nommé aux César 2020 dans la catégorie premier film et révélation féminine. Pas de quoi rendre fébrile Patrick André, son producteur. Les risques, il les a pris il y a bien longtemps et le succès au box-office est déjà une belle récompense. 

Sur le plateau de son prochain film, les discussions vont bon train "J'ai voté pour Papicha" lui glisse un acteur dans la loge de maquillage. A la veille de la 45e cérémonie des César, Patrick André affiche une certaine sérénité. "Le film a déjà remporté presque quarante prix à travers le monde, raconte le producteur. Les César c'est la France, nous serions ravis de les avoir. Mais il y a aussi d'autres films très importants face à nous, rien n'est sûr."  Philosophe, le sexagénaire conclut par un "c'est pas très grave en fait".

Car le pari pour lui est déjà gagné. Assez vite il a été séduit par la force de l'histoire de Mounia Meddour. Inspirée par sa propre adolescence dans une Algérie qui s'enfonce dans la violence et l'intégrisme, la réalisatrice signe un portrait enflammé d'une bande de filles révoltées. Un premier film sur un sujet sensible sans actrices connues, beaucoup de producteurs se seraient découragés. Mais Patrick André se fie à son instinct et mise sur deux points : le scénario et les rencontres. Mounia Meddour l'a convaincu. "On s'est battus main dans la main pour pouvoir tourner en Algérie, ça n'a pas été facile," confie la réalisatrice.

Pour que le film voie le jour, il fallait un producteur dynamique, débrouillard, passionné et patientMounia Meddour

Patrick André n'en est pas à son coup d'essai. En 2015, le film Mustang qu'il a co-produit avec Charles Gillibert a fait sensation. L'année suivante, cette pépite signée Deniz Gamze Ergüven a même raflé quatre César : Meilleur scénario original, Meilleur montage, Meilleure musique et Meilleur premier film.

En attendant vendredi soir 28 février, l'homme de cinéma se concentre sur sa prochaine production réalisée par Marc Dugain : Eugénie Grandet. Un film en costumes aux coûts de production élevés. Un nouveau pari qu'il assume. "C'est la force de conviction, le sujet que l'on a envie de faire, il y a aussi le casting. Mon travail est fait de toute cette alchimie en fait."

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