L'Algérie victorieuse de la CAN : "Le pays a besoin du football pour donner de la joie", réagit Moussa Saïb

Les joueurs de l\'équipe d\'Algérie célèbrent leur victoire, 1-0 face au Sénégal, en finale de la CAN, le 19 juillet 2019, au Caire. 
Les joueurs de l'équipe d'Algérie célèbrent leur victoire, 1-0 face au Sénégal, en finale de la CAN, le 19 juillet 2019, au Caire.  (MOHAMED EL-SHAHED / AFP)

L'ancien international algérien, qui avait remporté la CAN en 1990 avec l'Algérie, était invité de franceinfo samedi. "J’ai vibré devant ma télé comme un petit bambin", a réagi Moussa Saïb après cette deuxième victoire l'Algérie.

En s'imposant vendredi 1-0 face au Sénégal, en finale de la CAN, les Fennecs ont remporté le deuxième titre de leur histoire dans cette compétition. "Ce n’était pas le meilleur match de l’Algérie. Le plus important, c’est la victoire", s'est félicité, samedi 20 juillet sur franceinfo, Moussa Saïb, ancien milieu de terrain de l'équipe nationale algérienne et champion de la Coupe d'Afrique des nations en 1990. "Le pays a besoin du football pour donner de la joie, pour prouver qu’il y a de nouvelles générations", a estimé l'ancien international algérien.

franceinfo : Qu'avez-vous pensé de cette finale ?

Moussa Saïb : Ce n’était pas le meilleur match de l’Algérie, mais ça restera toujours une finale. Une finale, il y a beaucoup de tension, de suspens, de pression. Ce n’est pas celui qui joue bien qui gagne toujours, mais celui qui a le plus d’audace. Le plus important, c’est la victoire.

Un penalty du Sénégal a été annulé à la 62e minute après l’intervention de l'assistance vidéo à l'arbitrage sur un soupçon de main (...) La vidéo, c’est une très très bonne chose. S’il n’y avait pas le VAR [assistance vidéo à l'arbitrage], le penalty aurait été accordé. À mon époque, l’arbitre n’aurait pas hésité mais avec la vidéo, ça donne un peu à réfléchir. Tant mieux pour le football, comme ça il n’y a pas d’injustice.

Cette joie et cette victoire vous ont forcément rappelé de bons souvenirs ?

Ça m’a ramené 29 ans en arrière. En 1990, j’avais 22 ans, la majorité des joueurs [d’hier] n’était pas encore née. [Hier], j’ai vibré devant ma télé comme un petit bambin, 29 ans après, pour le sacre final de notre pays qui en avait tant besoin avec tout ce qui se passe chez nous. Il y a beaucoup de similitudes entre nos deux générations. Nous aussi on était une jeune équipe talentueuse. On jouait chez nous, on avait un contexte un peu spécial. On avait soif de gagner, c’était la première fois qu’on organisait une Coupe d’Afrique et qu’on la gagnait.

Cette fois, c’est la même chose. Il y a des joueurs qui n’avaient jamais joué la CAN, ils avaient soif de prouver quelque chose. Même Djamel Belmadi, c’était sa première participation à la CAN en tant que sélectionneur. En dix mois, il a réussi à redresser la barre. Il a trouvé une équipe en perdition : aux dernières CAN, l’Algérie a échoué, en 2017 elle est sortie au premier tour. Il y avait plus d’individualités et [aujourd'hui] les joueurs jouent pour l’équipe. C’est ce qui a fait la force de cette équipe.

Est-ce une belle année pour l'Algérie ?

Très belle ! Cela me rappelle notre finale : on était après les événements de 1988 en Algérie [en octobre 1988, de violentes émeutes avaient éclaté avec 500 morts et des milliers d'arrestations]. On recevait cette CAN, on avait une pression terrible pour la gagner et pour donner de la joie aux gens.

Cette fois-ci, c’était la même chose avec les événements du 22 février [première manifestation des Algériens contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à sa réélection]. Le pays a besoin du football pour donner de la joie, pour prouver qu’il y a de nouvelles générations. On a laissé le flambeau, et côté politique on laisse le flambeau à une nouvelle génération.

Vous êtes à nouveau en ligne