VIDEO. Élection présidentielle en Algérie : "La rue a fait reculer tout le monde"

France 2

Hasni Abidi, politologue spécialiste du monde arabe, est l'invité des "4 Vérités" sur France 2 mardi 12 mars. Il revient sur la situation algérienne et le renoncement d'Abdelaziz Bouteflika à la présidentielle, qui a été repoussée.

En Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika a décidé de renoncer à briguer un cinquième mandat, annulant aussi l'élection présidentielle prévue le 18 avril. "Le régime a complètement sous-estimé la colère des Algériens, leurs revendications et le poids de la rue algérienne, qui est devenue le plus grand parti du pays et un décideur très important, au même titre que l'armée et d'autres acteurs", explique Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam). "La rue a réussi à faire reculer tout le monde", ajoute ce politologue algérien dans les "4 Vérités" de France 2 mardi 12 mars.

Mais Abdelaziz Bouteflika est-il parti pour rester ? "Le président Bouteflika est un homme redoutable, c'est un homme habile, la preuve c'est qu'il a réussi à affaiblir tous ses adversaires, à neutraliser une partie de l'armée algérienne, et il a réussi a se maintenir au pouvoir pendant quatre mandats", rappelle Hasni Abidi. 

Transition politique

Selon la loi, Abdelaziz Bouteflika est président jusqu'au 28 avril, mais avec l'annulation de l'élection présidentielle, il y aura une vacance du pouvoir jusqu'à probablement fin 2019. "En quelque sorte, le président Bouteflika a obtenu un sursis sans même se présenter aux élections et c'est cela qui passe mal aux yeux des Algériens", estime-t-il.

La prochaine présidentielle doit avoir lieu fin 2019 dans le prolongement d'une conférence nationale chargée de réformer le système politique et d'élaborer un projet de Constitution. "C'est Abdelaziz Bouteflika l'artisan de cette transition. Cela pose une grande question : comment peut-on demander le départ de ce système ou le départ de monsieur le président quand c'est ce dernier qui va piloter tout ce processus de transition ? Et l'on sait que le président est dans une situation de santé délicate, défaillante", s’interroge Hasni Abidi. Le politologue rappelle que la mobilisation continue. "La rue est déterminée à continuer le combat", conclut-il. Les étudiants doivent encore manifester aujourd’hui.

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