Démission d'Abdelaziz Bouteflika : "L'Algérie est prête pour aller vers un système démocratique"

Une manifestation contre Abdelaziz Bouteflika à Marseille le 31 mars 2019.
Une manifestation contre Abdelaziz Bouteflika à Marseille le 31 mars 2019. (BORIS HORVAT / AFP)

Omar Belhouchet, directeur de publication du quotidien "El Watan", estime qu'"il y a une porte qui s'ouvre vers l'avenir" et qu'"elle va se refermer sur tous ceux qui ont, par le passé, géré les affaires publiques".

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika démissionnera avant le 28 avril et "c'est une bonne nouvelle pour les Algériens", a assuré sur franceinfo lundi 1er avril Omar Belhouchet, directeur de publication du quotidien El Watan. "L'Algérie est prête aujourd'hui pour aller vers un système démocratique. Nous sommes dans cette trajectoire historique", a-t-il ajouté.

franceinfo : comment réagit le peuple algérien ?

Omar Belhouchet : C'est une bonne nouvelle pour les Algériens, mais ce n'est pas suffisant, puisque les Algériens demandent son départ depuis de longues semaines. Nous allons nous diriger vers une transition politique qui permettra au pays de changer de système politique.

Que va t-il se passer ?

Il va y avoir la désignation d'un intérimaire à la présidence de la République. Nous allons entrer probablement dans une négociation politique entre les différents acteurs, les représentants de la société civile, les représentants de l'opposition, les représentants du mouvement populaire. Et à partir de là, il y a un consensus qui va se mettre en place pour désigner quelqu'un qui n'a pas fait partie de l'équipe de ces dernières années et qui aura la charge de présider cette période transitoire. Il y a 1 000, 2 000, 3 000 hommes et femmes qui sont en mesure de gérer nettement mieux notre merveilleux pays. On a retrouvé la parole publique. Certains sont en mesure de prendre des responsabilités et diriger le pays vers une voie plus démocratique, pour un autre visage de l'Algérie.

Quelles sont les prochaines étapes ?

C'est une période de négociations pour savoir qui sera le prochain Premier ministre avec un gouvernement de transition. Il faudra notamment revoir totalement le fichier électoral. On parle de quatre millions d'Algériens qui seraient dans le fichier électoral qui en réalité n'existent pas. Il va falloir mettre en place une structure totalement indépendante pour organiser les élections, donc il y a du travail.

C'est la fin de carrière d'Abdelaziz Bouteflika. Est-ce également la fin de la carrière politique de l'entourage d'Abdelaziz Bouteflika ?

Absolument, il y a une porte qui s'ouvre vers l'avenir et elle va se refermer sur tous ceux qui ont, par le passé, géré les affaires publiques. Ce sont les Algériens aujourd'hui qui sont maîtres. L'Algérie est prête aujourd'hui pour aller vers un système démocratique. Nous sommes dans cette trajectoire historique.

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