Bouteflika lâché par ses soutiens : "Des repositionnements claniques et opportunistes" dénonce le parti d'opposition RCD

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 23 novembre 2017.
Le président algérien Abdelaziz Bouteflika, le 23 novembre 2017. (RYAD KRAMDI / AFP)

Selon le secrétaire national aux relations internationales du RCD, le principal parti d'opposition au président algérien, il s'agit d'un "système qui essaie de se régénérer" pour rester au pouvoir.

Les défections autour du président algérien Abdelaziz Bouteflika sont "des repositionnements claniques, opportunistes", a estimé jeudi 28 mars sur franceinfo l'opposant Meziane Sadi, secrétaire national aux relations internationales du RCD, un parti algérien laïc. Le membre du Rassemblement pour la culture et la démocratie, dont le parti a proposé hier un plan "pour une transition de rupture", a dénoncé un "système qui essaie de se régénérer".

franceinfo : Les alliés du président Abdelaziz Bouteflika semblent le lâcher à leur tour. Son départ aujourd’hui ne fait plus aucun doute ?

Meziane Sadi : On se pose la question. Quant aux défections, ce sont des repositionnements claniques, opportunistes, comme nous avons l‘habitude de le voir avec le FLN (Front de libération nationale), le RND (Rassemblement national démocratique) et l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens). Il y a de cela 5 à 6 semaines, tout le monde était pour le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika. Après la mobilisation populaire, ils ont également été pour la reconduction et le report des élections. La semaine d’après, ça a été pour le rallongement du mandat de Bouteflika. En fait, ce sont des questions qui sont largement dépassées par la rue aujourd’hui.

Soit Abdelaziz Bouteflika pose lui-même sa démission, soit il est empêché par le Conseil constitutionnel. Et s’il quitte le pouvoir, ce dernier reviendra au président du Conseil de la nation, un senior lui aussi de 77 ans…

C’est un système qui essaie de se régénérer. Quelle que soit la situation, ils veulent reprendre la main pour rester au pouvoir. Maintenant, l’option Bouteflika semble être abandonnée. Il s’agira de désigner quelqu’un par des élections fantoches, par les mêmes personnes, les mêmes mécanismes, les mêmes institutions pour que le système perdure, et le problème est là. J’espère que la mobilisation va continuer pour que tout ce système-là dégage : on ne veut plus de repositionnement clanique, on ne veut plus que ce système perdure.

Votre parti, le RCD a présenté hier un plan pour une "transition de rupture". À quoi ressemblerait cette transition ?

Il s'agirait d'installer une haute instance pour conduire la transition et réincarner la fonction présidentielle. Une instance composée de trois personnes non partisanes, élues par des grandes corporations comme celles de la magistrature et de l’enseignement supérieur, des personnes en dehors du régime. Il faudra aussi la mise en place d’un gouvernement de salut national, composé de compétences nationales toujours non partisanes. Puis, il faudra surtout installer une instance de gestion des élections, parce que jusqu’à présent le ministère de l’Intérieur a géré toutes les élections avec les fraudes qu’on a connues. Cela comprend aussi l’assainissement du fichier électoral : il y a à peu près 3 millions de voix que le régime s’est réservé jusqu’à présent pour les attribuer au candidat qu’il a toujours présenté.

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