Ali Benflis réclame la démission immédiate d'Abdelaziz Bouteflika sans attendre qu'il soit déclaré inapte

Ali Benflis le 27 février 2019 à Alger.
Ali Benflis le 27 février 2019 à Alger. (MOHAMED MESSARA / EPA / MAXPPP)

Ali Benflis se dit sceptique quant à l'application de l'article 102. Pour lui, il faut qu'Abdelaziz Bouteflika "s'en aille tout de suite" pour que l'élection présidentielle puisse avoir lieu dans de bonnes conditions.

Ali Benflis, ancien Premier ministre algérien, président du parti Avant-garde des libertés, s'est montré sceptique après l'annonce du chef d'état-major de l'armée en Algérie, le général Ahmed Gaïd Salah, qui a appelé à déclarer inapte le président Abdelaziz Bouteflika en vertu de l'article 102 de la constitution algérienne.

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"Cela va prendre un peu de temps si on respecte à la lettre l'article 102, a-t-il avancé. Si on met en application à la lettre l'article 102, cela veut dire qu'on va attendre 45 jours et ensuite déclarer qu'[Abdelaziz Bouteflika] n'est plus apte et déclarer la vacance du pouvoir (...). Il faut annoncer une démission [d'Abdelaziz Bouteflika] et qu'on aille directement dans trois mois à une élection présidentielle."

"Une présidence provisoire" avant "une élection propre et honnête"

Pour l'ancien Premier ministre d'Abdelaziz Bouteflika devenu l'un de ses principaux opposants, la mise en œuvre de l'article 102 ne peut régler la crise. "Il faut qu'il s'en aille tout de suite pour qu'on puisse aller vers du nouveau, poursuit Ali Benflis, à savoir préparer les conditions d'une élection propre et honnête. Elle ne peut pas l'être dans les conditions actuelles parce que le Parlement n'est pas légitime, le Conseil constitutionnel n'est pas légitime. Il faut une présidence provisoire."

"Il faut aller à l'écoute du peuple qui a décidé de prendre son destin en main, défend Ali Benflis. L'article 7 de la constitution dit que le peuple est la source de tout pouvoir et que la souveraineté nationale appartient exclusivement au peuple. Le peuple a dit basta, c'est fini [car] le président n'exerce plus ses fonctions depuis des années, des forces extraconstitutionnelles ont pris la place du président."

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