Algérie : le cachir, ce saucisson devenu symbole de la révolte des opposants au 5e mandat de Bouteflika

Des jeunes brandissant un cachir (saucisson), place de La République à Paris, dimanche 3 mars 2019.
Des jeunes brandissant un cachir (saucisson), place de La République à Paris, dimanche 3 mars 2019. (FRANCEINFO/Mohamed BERKANI)

Il est brandi lors des manifestations en Algérie par la foule en colère contre la candidature d’Abdelaziz Bouteflika. Le cachir, saucisson à base de bœuf et/ou de volaille, est devenu un symbole contre la corruption.

Le saucisson a fait son apparition dès les premières marches. "Le cachir, symbole de ce que beaucoup d’Algériens appellent 'chitta', soit la soumission zélée au pouvoir, était présent parmi les manifestants qui l’ont utilisé comme moyen de railler les pros-FLN et les pros-pouvoir de façon plus générale", rapporte le pure-player TSA

Brandi ou lancé en l’air lors des marches, le cachir, saucisson halal à base de bœuf et/ou de volaille, est une spécialité algérienne. Le nom serait une déformation du mot casher, les communautés juives et musulmanes d’Algérie ne mangeant pas de porc. 

\"Non à la culture du cachir\", manifestation place de La République à Paris le 3 mars 2018
"Non à la culture du cachir", manifestation place de La République à Paris le 3 mars 2018 (FRANCEINFO/ Mohamed BERKANI)

Il a pris un caractère politique lors de la campagne présidentielle en 2014 pour le quatrième mandat de Bouteflika. Selon la presse algérienne, pour attirer le chaland dans les meetings, les organisateurs leur offraient des sandwichs au cachir et une petite somme d’argent.

Sur les réseaux sociaux, les internautes s’en délectent.

Par extension, le cachir est devenu le symbole de la corruption et "l’achat des voix et des âmes" par le régime. En le brandissant dans les manifestations, les opposants à la cinquième candidature d’Abdelaziz Bouteflika veulent signifier qu’ils ne se feront pas séduire, corrompre, par le pouvoir. 

Vous êtes à nouveau en ligne