Algérie : le président, Abdelaziz Bouteflika, va démissionner avant le 28 avril, annonce l'agence de presse officielle

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, lors de la cérémonie d\'investiture de son dernier mandat, le 28 avril 2014, à Alger.
Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, lors de la cérémonie d'investiture de son dernier mandat, le 28 avril 2014, à Alger. (RAMZI BOUDINA / REUTERS)

Le 11 mars, il avait renoncé à participer aux prochaines élections présidentielles, mais avait reporté celles-ci à une date indéterminée, ce qui n'avait pas suffi à calmer la contestation populaire. Le chef d'état-major de l'armée avait appelé à sa destitution.

La pression de la rue et la désertion de ses soutiens ont fini par avoir raison de lui. Le président de l'Algérie, Abdelaziz Bouteflika, va démissionner d'ici au 28 avril, a annoncé la présidence de la République dans un communiqué cité par l'agence de presse officielle APS. Cette date marquera l'expiration de son quatrième mandat à la tête du pays, qu'il dirige depuis bientôt vingt ans.

Le chef de l'Etat prendra auparavant des "mesures pour assurer la continuité du fonctionnement des institutions de l'Etat durant la période de transition", poursuit le communiqué. Ni la date exacte de cette démission ni les "décisions importantes" qui seront prises avant n'ont été précisées.

Il promettait une Conférence nationale

Affaibli par un AVC et quasi-invisible en public depuis 2013, Abdelaziz Bouteflika avait tout de même annoncé, le 10 février, qu'il se portait candidat pour un nouveau mandat de cinq ans. Une décision qui avait déclenché un vaste mouvement de protestation dans le pays. Des millions d'Algériens sont descendus dans la rue, depuis le 22 février, pour réclamer le départ du président et celui du clan au pouvoir.

Le 11 mars, il avait annoncé qu'il renonçait finalement à sa candidature, mais son recul s'accompagnait d'un report de l'élection, initialement prévue le 18 avril, à une date inconnue. Il proposait de remettre ses pouvoirs à un successeur élu à l'issue d'une Conférence nationale censée réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution. Mais en attendant, il comptait rester au pouvoir malgré l'expiration de son mandat.

Depuis, les manifestations n'avaient pas faibli, et des soutiens de poids de la présidence avaient pris position contre lui. Dont le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah, qui a appelé mardi à sa destitution pour "inaptitude".

Selon la Constitution, une fois sa démission actée, c'est le président du Conseil de la Nation, la chambre haute du Parlement, Abdelkader Bensalah, 77 ans, qui assurera l'intérim durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une présidentielle est organisée.

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