Algérie : le général major Ahmed Gaïd Salah menace et accuse les manifestants d’être payés par de "l’argent sale"

Un manifestant algérien brandit une pancarte sur laquelle on inflige au chef de l\'armée, Ahmed Gaïd Salah, un carton rouge (exclusion au football), à Alger, le 12 juillet 2019.
Un manifestant algérien brandit une pancarte sur laquelle on inflige au chef de l'armée, Ahmed Gaïd Salah, un carton rouge (exclusion au football), à Alger, le 12 juillet 2019. (- / AFP)

Après une semaine d’absence, le véritable détenteur du pouvoir en Algérie s’en prend à nouveau aux manifestants qui réclament le départ de "tout le système".

Le dernier discours du général major, Gaïd Salah (texte intégral), est plus virulent que ses précédents. A l’approche des élections du 12 décembre, l’homme fort d’Algérie s’en prend violemment aux manifestants qui continuent de rejeter toute idée de se rendre aux urnes sans le démantèlement du "système"…

(…) Des entités inconnues ayant des objectifs malveillants consacrent de l'argent sale afin d'amplifier le nombre de ces manifestations, en ramenant les citoyens des autres wilayas en dehors de la capitaleAhmed Gaïd Salah, chef d'état-major

Le chef d'état-major n'a pas précisé qui il visait, ni d'où venait cet "argent sale"

Purge

Le général a pris la tête d'une croisade anticorruption depuis la démission, le 2 avril, du président Abdelaziz Bouteflika sous la pression du Hirak, le mouvement inédit de contestationdu régime qui agite l'Algérie depuis le 22 février. Selon certains observateurs, les enquêtes, qui ont conduit en prison de nombreux anciens obligés de M. Bouteflika – ministres, hauts fonctionnaires et riches hommes d'affaires , ont permis une purge au sein du pouvoir, tout en limogeant des hauts responsables pour satisfaire certaines demandes du Hirak.

La contestation ne faiblit pas

La contestation a repris de la vigueur depuis la fin de l'été et une foule massive s'oppose ces dernières semaines, chaque vendredi, à la tenue de la présidentielle du 12 décembre, démentant les affirmations du général Gaïd Salah qui assure que le scrutin est réclamé par le "peuple". Mais pour le Hirak, le scrutin vise à assurer la survie d'un "système" en place depuis l'indépendance du pays en 1962, dont ils réclament désormais le démantèlement total au profit d'institutions de transition. 

Menaces

Ancien soutien indéfectible d'Abdelaziz Bouteflika, le général Gaïd Salah menace ceux qui tentent "d'entraver" la tenue de l'élection, mais également désormais ceux qui voudraient dissuader la population de se rendre aux urnes. "La loi sera appliquée avec toute la rigueur requise, à l'encontre de toute personne qui tente d'entraver ce processus électoral décisif ou d'influencer (...) la conscience du peuple algérien et son empressement à participer massivement" à la présidentielle le 12 décembre, a-t-il averti.  

La Toile s'amuse 

De nombreux internautes s'amusent des accusations du chef de l'état-major.

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