L'Otan discute de la fin de l'opération en Libye

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, lors d\'une réunion du Conseil de sécurité de l\'ONU à New York (Etats-Unis) le 22 septembre 2011.
Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à New York (Etats-Unis) le 22 septembre 2011. (EMMANUEL DUNAND/AFP)

Une réunion des responsables militaires de l'Otan a lieu vendredi après-midi pour évaluer la capacité du Conseil national de transition à assurer la sécurité dans le pays. 

Réunis à Bruxelles (Belgique) dès 16h30 vendredi 21 octobre, les pays membres de l'Otan vont discuter de la fin de l'intervention en Libye, au lendemain de la mort de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi. 

Plus encore que la mort du dictateur déchu, la libération de la ville de Syrte constitue "l'étape cruciale" qu'ont attendue les experts militaires de l'Alliance avant d'évoquer la fin de l'opération "Protecteur unifié", lancée sept mois auparavant. Les combats entre loyalistes et combattants du Conseil national de transition (CNT) ont cessé jeudi dans le dernier bastion kadhafiste où l'ancien Guide libyen a été tué. 

L'Otan reste vigilante 

Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré jeudi soir que l'opération serait achevée à partir du moment où le CNT proclamerait la libération du territoire libyen. Depuis Tripoli, le chef de l'exécutif du nouveau régime, Mahmoud Jibril, a estimé que cela se ferait au plus tard vendredi. 

"Je pense qu'on peut dire que l'opération militaire est terminée et que, sous réserve de quelques mesures transitoires dans la semaine qui vient, l'opération de l'Otan est arrivée à son terme", a affirmé Alain Juppé vendredi sur Europe 1.

La mission est accomplie, mais les diplomates des principaux pays engagés, dont la France et le Royaume-Uni, se montrent toutefois soucieux de "ne pas se précipiter" et de "stopper l'opération en bon ordre". IIs pourraient décider vendredi de maintenir une partie de leur dispositif naval et aérien au large de la Libye pendant quinze jours afin de "conserver une capacité d'intervention au cas où la situation l'exigerait".

Le dispositif français "allégé" avant la Toussaint 

La France a été le fer de lance de l'opération de l'Alliance atlantique dans le pays. L'intervention correspondait à la mise en œuvre de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies.

Le ministre de la Défense, Gérard Longuet, a annoncé dans un entretien au Monde l'intention de la France d'"alléger" son dispositif dans "les jours ou semaines qui viennent". Plus concrètement, "nous n’irons pas jusqu’à la Toussaint", le 1er novembre, ajoute-t-il.

"Les Libyens doivent maintenant ouvrir la page de la réconciliation, a déclaré vendredi Nicolas Sarkozy. Nous les avons aidés, nous continuerons à les aider autant qu'ils en exprimeront le besoin. (...) Mais c'est vraiment aux Libyens de construire l'avenir, pas à nous."

La question de l'après-Kadhafi 

Le CNT possède désormais les clés d'un pays miné par quarante-deux ans de dictature. Les responsables militaires de l'Otan réunis à Bruxelles doivent dresser un état des lieux de la situation afin notamment d'évaluer si le CNT est en mesure d'assurer la sécurité dans le pays. 

Sur la base de cet examen, le conseil des ambassadeurs des vingt-huit pays de l'Alliance atlantique prononcera ou non la fin de l'opération. 

Vous êtes à nouveau en ligne