Sida : en Afrique du Sud, des distributeurs de médicaments dans les townships de Johannesburg

Un habitant du township d\'Alexandra, à Johannesburg, le 22 avril 2019 (illustration) 
Un habitant du township d'Alexandra, à Johannesburg, le 22 avril 2019 (illustration)  (KATE BARTLETT / DPA)

Des distributeurs d’un nouveau genre ont fait leur apparition dans certains townships de Johannesburg. Il ne s’agit pas de retirer de l’argent mais des médicaments, en majorité des antirétroviraux. L’Afrique du Sud est le pays le plus touché par le VIH.

Ces distributeurs, inédits sur le continent, permettent aux patients de gagner un temps précieux pour récupérer leurs médicaments, et d’ainsi éviter les lenteurs du système de santé sud-africain. La machine est identique à un distributeur bancaire. "Vous scannez votre carte, vous entrez votre mot de passe, explique le pharmacien Taffy Chinamhora, dans le township d'Alexandra. Vous pouvez ensuite choisir votre prescription et voir de quoi il s’agit, ou alors vous pouvez appeler un pharmacien en direct. Là, vous voyez, la pharmacienne est en train de finaliser la procédure. Mais avant de me donner les médicaments, elle va me poser quelques questions de sécurité."

Résultat : le patient reçoit son traitement en trois minutes. Une révolution pour Thabo. Jusqu'à présent, récupérer son traitement était synonyme pour lui d’absence au travail. "À la clinique, on attend souvent entre 5 et 6 heures, ici ça ne prend que trois minutes. Donc avant je n’allais pas au travail, car si vous attendez six heures, vous n’avez pas le temps de travailler. Ce qui veut dire qu’une journée par mois vous devez être absent." 

C’est super ! C’est rapide et il n’y a pas de stress… C’est mieux que d’aller à la clinique.Christine, utilisatrice depuis six mois

Les machines existantes sont toutes situées dans les townships, principalement une question d’accessibilité : "C’est dans les townships qu’on trouve le plus de personnes aux faibles revenus, et ce sont elles qui utilisent le système public de santé, dit le pharmacien Taffy Chinamhora. Dans les quartiers aisés, les gens ont des assurances maladie donc vont plutôt aller dans les hôpitaux privés".

Lutter contre le sida, mais aussi de nombreuses maladies chroniques

D’après Fanie Hendriksz de l’ONG Right To Care, les antirétroviraux constituent 70% des traitements délivrés par ces distributeurs : "On ne veut pas que le patient soit stigmatisé, que les distributeurs soient connus pour être uniquement des distributeurs d’antirétroviraux. Donc nous distribuons un large panel de médicaments. Dans chaque distributeur, vous pouvez avoir jusqu’à 6 000 traitements différents, contre le diabète, contre l’hypertension ou l’hypotension". La seule condition pour utiliser ces machines est d'avoir un traitement contre une maladie chronique.

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