Mandela, apartheid... quand Marine Le Pen oublie les propos de son père

La présidente du FN, Marine Le Pen, le 26 juin 2013, à Forbach (Moselle).
La présidente du FN, Marine Le Pen, le 26 juin 2013, à Forbach (Moselle). (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Interrogée sur France Inter, la présidente du FN a déclaré que Jean-Marie Le Pen avait "toujours condamné l'apartheid". Ce qui est faux.

"Jean-Marie Le Pen a toujours condamné l'apartheid", a soutenu, sans ciller, sur France Inter, mercredi 26 juin, Marine Le Pen. Louant l'ancien président sud-africain, entre la vie et la mort, une "figure d'apaisement", elle a affirmé que "Nelson Mandela voulait rencontrer Jean-Marie Le Pen", mais qu'ils en ont été empêchés par l'intervention de Jacques Chirac, alors président, lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2002. Agacée par les questions des journalistes, elle a même qualifiée France Inter de "radio bolcho".

Pour Marine Le Pen, l'apartheid est un système "profondément contestable, condamnable, injuste". Mais, contrairement à ce qu'elle affirme, cela n'a pas toujours été la position du Front national, en particulier de son père.

Comme le relèvent Les décodeurs, un blog du Monde, Jean-Marie Le Pen déclarait en 1990, au "Grand Jury RTL - Le Monde", juste après la sortie de prison du héros de la lutte contre l'apartheid : "Mandela était l'un des chefs de l'ANC (...), qui préconisait que soit substitué le pouvoir noir, plus spécialement celui de l'ANC, au pouvoir blanc. (...). Si c'est ainsi que doit être l'avenir de l'Afrique du Sud, on va au-devant de soubresauts terribles. (...) Le système de l'apartheid était un système de développement séparé. Peut-être était-ce une utopie."

La même année, sur France 3, dans "L'heure de vérité", il se disait "ni ému, ni ravi" par la libération de Nelson Mandela, car il avait "une méfiance à l'égard des terroristes"

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