Le difficile enseignement de l'apartheid en Afrique du Sud

Des élèves d\'une école privée de la ville du Cap suivent un cours d\'histoire sous le portrait de Steve Biko, activiste anti-apartheid, mort en détention en 1977. 
Des élèves d'une école privée de la ville du Cap suivent un cours d'histoire sous le portrait de Steve Biko, activiste anti-apartheid, mort en détention en 1977.  (RODGER BOSCH / AFP)

Dans un pays où l’enseignement de l’histoire n’est pas obligatoire dans les lycées, parler de l’apartheid n’est pas facile. Mais rappeler ce passé récent est toujours un choc, chez les élèves blancs comme chez les noirs. Un reportage de l’AFP d'Antoine Demaison et Saawmiet Moos.

Les lois d’apartheid ont été abolies en 1991, ouvrant l’Afrique du Sud à la démocratie et à l’élection du premier président noir du pays, Nelson Mandela, en 1994. Mais parler de cette époque reste encore difficile. Leah Nasson, professeure d’histoire dans une très chic école pour filles, le sait mieux que personne. "Connaître le passé doit éclairer les élèves sur le présent", espère Leah Nasson, "les aider à comprendre pourquoi nous en sommes là, pourquoi toutes ces fractures, et les aider à s'opposer aux comportements racistes."


L’enseignement de l’histoire est optionnel dans le pays, laissé à l’initiative de chaque établissement. Parler de l’apartheid dans ce contexte tourne vite à la polémique. Dans sa précédente école, Leah Nasson a subi les critiques des parents. "On m'a accusée de faire de la politique", dit-elle.

Le gouvernement veut rendre obligatoire l’enseignement de l’histoire dans les lycées, mais avant tout il doit revoir les contenus qui, selon la ministre de l’Education Angie Motshekga, "perpétue une vision coloniale ou occidentale".
Dans les townships, les réactions sont aussi très passionnées. Pour certains jeunes Noirs, note l’AFP, la connaissance de cette époque appelle à la revanche, bien loin encore de la Nation arc-en-ciel dont rêvait Nelson Mandela.

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