L'Afrique du Sud en proie à la sécheresse, veut sortir du «tout charbon»

Des Sud-Africaines récupèrent le charbon à proximité d\'une centrale thermique.
Des Sud-Africaines récupèrent le charbon à proximité d'une centrale thermique. (AFP/Marco Longari)

Champs de maïs grillés et bétail décimé, l’Afrique du Sud subit depuis des mois une sévère sécheresse. Si le changement climatique qui affecte l’Afrique australe devient plus palpable, la population semble plus préoccupée par la hausse des prix des denrées alimentaires et par les restrictions d’eau. Mais le pays veut aujourd'hui sortir d'une énergie basée essentiellement sur le charbon.

De notre envoyé spécial à Johannesburg

Faible mobilisation pour le climat en Afrique du sud. Ils étaient quelques centaines à défiler dans la bonne humeur dans les rues de Johannesburg (un peu plus nombreux au Cap) pour l’ouverture de la Cop 21. «We only have one home»... Les banderoles dénonçaient surtout «le charbon qui tue» et le «manque d’ambition du gouvernement sud-africain» qui prévoit d’augmenter de 20 à 80% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2025.

«Changement climatique, les signes sont déjà là» pouvait-on également lire. Pour Nelson, enseignant à l'université, «la sécheresse actuelle et les inondations de ces dernières années montrent bien que le changement climatique est en cours en Afrique du Sud». «Nous sommes peu nombreux dans la rue. Les gens sont plus préoccupés à nourrir leur famille qu’à manifester contre le changement climatique, et cela se comprend. Pourtant, si les prix des denrées alimentaires sont en hausse, c’est bien à cause de la sécheresse», explique Plhumesa, une étudiante de Joburg. «Il y a des coupures d’eau dans le nord du pays. A Johannesburg, l’eau commence à être rationnée, que se passera-t-il demain quand la température aura augmenté de 2°», s’inquiète Dlamani habitante venue  de Soweto.
 
Les pancartes des manifestants dénoncent les centrales à charbon qui alimentent 94% de l’électricité du pays et aussi la pollution automobile dont le carburant provient à plus de 30% du charbon liquéfié. Des hautes tours de la ville, on peut voir six grandes turbines qui crachent une fumée blanche. Cela ressemble à une centrale nucléaire, mais c’est une énorme centrale thermique qui brûle du charbon de mauvaise qualité, moins cher mais en abondance dans cette région du pays.

700 manifestants ont défilé dans les rues de Johannesburg à la veille de l\'ouverture de la COP 21 à Paris.
700 manifestants ont défilé dans les rues de Johannesburg à la veille de l'ouverture de la COP 21 à Paris. (AFP/Ihsaan Haffejee /Anadalu Agency )
 
L’Afrique du sud acteur majeur de la COP 21
Par sa voix au sein de L’union africaine mais aussi parce qu’elle est à la tête d’un groupe (dit G77) qui réunit 133 pays en développement, dont cinquante pays africains, l’Afrique du sud Sera un acteur clé de la COP 21. Elle est à la tête d’un groupe de pays hétérogène mais puissant sans lequel il ne peut y avoir d’accord à Paris. Leurs principales revendications portent sur le financement de l’adaptation au changement climatique et sur le transfert de technologies.
 
Transition énergétique 
L’Afrique du Sud est sur le point d’engager sa transition énergétique, aidée en partie par le fond vert qui doit sortir des négociations de Paris.

Dépendant du charbon, le pays veut diversifier ses sources d’énergies et augmenter sa production pour éviter les coupures d’électricité qui pèsent sur l’économie du pays. «Nous voulons doubler notre capacité de production d’électricité d’ici 2030. 42% de ces nouvelles capacités énergétiques seront renouvelables», explique Ayanda Nakedi directrice du département Energies nouvelles d’Eskom, l’entreprise nationale d’électricité.
 
Un plan national prévoit d’investir dans le solaire, l’éolien mais aussi le nucléaire. L’Afrique du Sud possède à ce jour une seule centrale nucléaire qui fournit 4,4% des besoins en électricité. Le feu vert à la construction de 6 à 8 nouveaux réacteurs nucléaires vient d’être donné par les autorités sud-africaines. La chine, la France, la Russie et la Corée du Sud sont en compétition pour ce vaste projet d’une capacité de 9600 MW.

Carcasse d\'une vache victime de la sécheresse au nord-ouest de Durban (Afrique du Sud).
Carcasse d'une vache victime de la sécheresse au nord-ouest de Durban (Afrique du Sud). (AFp/ Mujahid Saflodien)

 

Vous êtes à nouveau en ligne