Grandes puissances émergentes, les Brics cherchent à renforcer leur pouvoir

Les chefs d\'Etat du Brésil et de Russie, Dilma Rousseff et Dmitri Medvedev, le Premier ministre indien Manmohan Singh, et les présidents chinois Hu Jintao et sud-africain Jacob Zuma, au 4e sommet des \"Brics\", le 29 mars 2012 à New Delhi.
Les chefs d'Etat du Brésil et de Russie, Dilma Rousseff et Dmitri Medvedev, le Premier ministre indien Manmohan Singh, et les présidents chinois Hu Jintao et sud-africain Jacob Zuma, au 4e sommet des "Brics", le 29 mars 2012 à New Delhi. (AFP PHOTO / Prakash SINGH )

Le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du sud représentent 40% de la population mondiale et comptent pour 20% du Produit intérieur brut de la planète, avec un PIB de près de 14 milliards de dollars. Mais leur bloc se heurte à des intérêts divergents.

Les Brics (acronyme composé de la première lettre de chacun des pays membres) ont tenu leur premier sommet en juin 2009 à Iekaterinbourg, en Russie, le deuxième en avril 2010 à Brasilia, au Brésil. L’Afrique du Sud a rejoint le groupe lors du troisième sommet qui a eu lieu à Sanya, en Chine, en avril 2011. Le quatrième sommet vient de se tenir à New Dehli le 29 mars 2012.
 
Leur poids dans l’économie mondiale ne cesse de croitre. Il est  passé de 16% du PIB mondial en 2001 à 20% l'an dernier. L'année 2011 a montré un lent basculement des équilibres économiques mondiaux en faveur du bloc des pays émergents menés par l’Inde et la Chine. Le PIB de ce dernier dépasse celui des quatre autres pays réunis.


Le groupe des pays des Brics
Le groupe des pays des Brics (AFP)


Selon la Banque mondiale, la Chine pourrait devenir la première puissance économique de la planète et ravir la place des Etats-Unis au cours de la prochaine décennie. Elle serait suivie par l’Inde au cours des dix à quinze années suivantes, d’après Goldman Sachs.

Projet d’une banque commune
Les cinq pays membres des Brics, dont le nom est né en 2001 sous la plume d'un économiste de cette banque d'investissement pour désigner des pays connaissant une forte croissance, ont vu leurs échanges commerciaux au sein du groupe bondir l'an dernier de 28% pour atteindre 230 milliards de dollars, soit 8% du commerce mondial.

Pourtant, même si leurs flux commerciaux sont en pleine expansion, le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, a estimé qu'ils étaient encore loin de ce que l'on pouvait espérer d'un groupe réunissant 40% de la population mondiale.

Lors du sommet de New Dehli, les cinq grands pays émergents du bloc ont plaidé pour la création d'une banque d'investissement destinée à financer des projets d'infrastructure et de développement. But: amplifier les échanges entre pays émergents, s’affranchir de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, de l’hégémonie du dollar et accessoirement transformer leur force économique croissante en influence diplomatique en dépit de leurs intérêts différents.
 

Les Brics veulent peser plus au FMI

Euronews, le 29-03-2012


Quête d’unité et d’influence
Depuis leur premier sommet de 2009, les dirigeants des Brics s’efforcent d'avoir plus d'influence dans les affaires du monde, estimant que leur puissance économique croissante doit être prise en compte. Mais au vu des grandes différences existant entre leurs pays - en termes de modèle économique ou de système politique -, ils ont souvent éprouvé des difficultés à trouver un terrain d'entente.

Néanmoins, la déclaration de Delhi, sur laquelle se sont entendus les cinq pays, évoque leur «profonde préoccupation à l'égard de la situation en Syrie» et appelle à «la fin immédiate de toute violence et des violations des droits de l'Homme dans ce pays».

Le texte évoque en outre le soutien unanime du bloc au plan de règlement pacifique de l'émissaire international Kofi Annan. La Russie et la Chine, deux grands alliés de Damas qui ont exercé leur droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU, se sont opposés à l'usage de la force ou à toute intervention étrangère pour résoudre le conflit en Syrie ou la crise avec l'Iran.

Pour l'Iran, les dirigeants ont également appelé à éviter toute escalade, jugeant que «les conséquences désastreuses qui en découleraient ne sont dans l'intérêt de personne».

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