Afrique du Sud: les tribunaux anti-viol suffiront-ils à endiguer le fléau?

Le président sud-africain Jacob Zuma lançant une campagne contre le viol, destinée aux enfants, dans une école du Cap, le 28 février 2013. En 2006, il a lui-même été jugé pour viol avant d’être acquitté trois ans plus tard. 
Le président sud-africain Jacob Zuma lançant une campagne contre le viol, destinée aux enfants, dans une école du Cap, le 28 février 2013. En 2006, il a lui-même été jugé pour viol avant d’être acquitté trois ans plus tard.  (AFP - RODGER BOSCH)

58 tribunaux spéciaux chargés des affaires de viols et de violences sexuelles, vont être créés en Afrique du sud, a annoncé le ministre de la Justice le 6 mars 2013. 60.000 cas de ce fléau sont officiellement recensés tous les ans. Ils seraient en fait 10 fois plus nombreux.

«Ces tribunaux dédiés sont nécessaires» et ils seront «pleinement opérationnels» d'ici septembre, a déclaré le ministre Jeff Radebe devant le Parlement.

Le viol en réunion particulièrement brutal d'une adolescente de 17 ans, laissée pour morte par ses agresseurs après avoir été éventrée début février, a choqué le pays. Ce fait-divers dramatique a ainsi remis les victimes de viol sur le devant de la scène. Certaines, parfois connues, ont témoigné à la radio ou dans des magazines. Une campagne de sensibilisation a été lancée dans les écoles.

«Le fléau des agressions sexuelles contre les femmes et les enfants doit être traité avec beaucoup de fermeté et des peines sévères», a déclaré Jeff Radebe.            

L'Afrique du Sud a déjà lancé des tribunaux dédiés aux délits sexuels en 1993 puis en 2000. Mais ils ont été fermés les uns après les autres. «Quand nous avons eu ces tribunaux spécialisés, le taux de condamnation est remonté, mais quand on les a fermés, le taux de condamnation est redescendu», a observé le ministre.
 
Les crimes sexuels sont actuellement jugés par les tribunaux ordinaires, où ils sont considérés comme des cas prioritaires, selon les autorités.

Les nouveaux tribunaux siégeront dans les palais de justice existants et entendront toutes les affaires d'agressions sexuelles, affirme le ministère de la Justice. Y compris les attaques contre les membres de la communauté homosexuelle, appelées viols «curatifs» ou «correctifs».  
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