Afrique du Sud : des fourgons mortuaires envoyés à Marikana avant que même la police ne tire

La police contrôle des mineurs allongés sur le sol à Marikana, le 16 août 2012.
La police contrôle des mineurs allongés sur le sol à Marikana, le 16 août 2012. ( AFP )

Trente-quatre grévistes ont été abattus par la police.

Le drame de Marikana a secoué toute l'Afrique du Sud. Trente-quatre mineurs grévistes ont été tués et 78 autres blessés, le 16 août 2012, lorsque la police a ouvert le feu sur eux. Plus d'un an plus tard, lundi 14 octobre, les révélations d'un lieutenant-colonel apportent un éclairage nouveau sur ce drame. Elles laissent penser que la police aurait pu avoir planifié ces exécutions.

En effet, selon Duncan Scott, qui était alors chargé de la coordination du plan visant à désarmer et disperser les grévistes, des fourgons mortuaires avaient été envoyés devant la mine, avant que qui ce soit n'ouvre le feu. Il a affirmé devant la commission chargée de faire la lumière sur les événements de Marikana que la direction de la police sud-africaine voulait que quatre fourgons mortuaires soient déployés près de la colline où les mineurs étaient rassemblés. "Un seul véhicule a été envoyé. Il est arrivé avant la fusillade", a-t-il ajouté.

Abattus à bout portant

Des fourgons venus d'une morgue publique proche de la ville voisine de Rustenburg ont été appelés par les chefs de la police car ils voulaient "en finir avec les mineurs de Marikana", a noté le policier. En apparence débordée par une foule de grévistes hostiles, la police sud-africaine avait abattu ces mineurs du groupe britannique Lonmin.

La principale question à laquelle doit répondre la commission est de savoir si les policiers ont raison d'affirmer qu'ils étaient en état de légitime défense lorsque l'ordre d'ouvrir le feu à balles réelles a été donné. L'enquête a montré qu'une partie des victimes ont été pourchassées par la police après la fusillade, et abattues ou achevées par des balles tirées dans le dos ou à bout portant. La commission a indiqué en septembre que la police lui avait menti. Des éléments de preuve ont selon elle été apparemment dissimulés aux enquêteurs par la police, et d'autres contrefaits et antidatés après les faits.