Accord historique au Zimbabwe

(Radio France © REUTERS/Philimon Bulawayo)

Robert Mugabe a officiellement accepté de partager le pouvoir, à travers un accord historique signé en fin de matinée avec le leader de l'opposition, Morgan Tsvangirai.

L'accord signé ce matin à Harare, la capitale du Zimbabwe, est considéré comme "historique". Le texte officialise un gouvernement d'union, prévu pour apporter une accalmie après cinq mois de crise, et l'isolement du pays sur la scène internationale.

Une crise déclenchée après les élections générales du 29 mars, que le parti au pouvoir du président Robert Mugabe (84 ans dont 28 à la tête du Zimbabwe) avait perdu face à l'opposition. Le camp battu n'avait alors pas accepté sa défaite, et de graves violences avaient ensuite opposé majorité et opposition.
_ Pour un bilan, selon le MDC (opposition), de 86 personnes tuées dans ses rangs et plus de 10.000 blessés.

Ce matin, ces journées et nuits d'intenses tensions paraissaient bien loin, pour la photo en tous cas. Les deux leaders, et rivaux, ont paraphé l'accord lors d'une cérémonie. Le président semblait crispé, et Morgan Tsvangirai arborait un grand sourire. Avant que tous deux ne se serrent la main sous des applaudissements nourris.

Quelles conséquences internationales ?

"Moi, le Premier ministre du Zimbabwe appelle la Zanu-PF (au
pouvoir) et le MDC à unir le Zimbabwe. Les divisions appartiennent
au passé", a déclaré Tsvangirai avant d'appeler à "rouvrir les
portes" du pays aux ONG.
_ Lucide, ce dernier a tout de même reconnu de "douloureux" compromis, évoquant une route "longue et pas facile".

Concrètement, le texte institue un gouvernement de 31 ministres placés sous "double contrôle". Robert Mugabe dirigera ce gouvernement, et Morgan Tsvangirai sera à la tête d'un Conseil des ministres "restreint", qui participera à l'élaboration des politiques et en surveillera la mise en oeuvre.

Reste une inconnue d'importance, la réaction de la communauté internationale. L'accord est censé replacer Harare dans le concert des nations, et débloquer une aide internationale massive dont le pays a urgemment besoin, mais Mugabe a une nouvelle fois mis en garde ce matin contre toute "ingérence étrangère". Et la Grande-Bretagne ou l'Union européenne n'ont pas encore directement réagi.

Matteu Maestracci avec agences

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