A Alger, Hollande reconnaît "les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien"

François Hollande devant la presse à Alger (Algérie), le 19 décembre 2012.
François Hollande devant la presse à Alger (Algérie), le 19 décembre 2012. (PHILIPPE WOJAZER / AFP)

Parmi ces souffrances, il a cité "les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata" qui "demeurent ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens".

Pas de repentance ni d'excuses. Au deuxième jour de sa visite d'Etat en Algérie, le président français, François Hollande, a évité de prononcer ces mots devenus tabous au Parlement algérien jeudi 20 décembre, mais il a reconnu "les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien". Parmi ces souffrances, il a cité "les massacres de Sétif, de Guelma et de Kherrata" qui "demeurent ancrés dans la mémoire et dans la conscience des Algériens". Déjà, l'ambassadeur en Algérie, Hubert Colin de Verdière, avait dénoncé, en 2005, le massacre de Sétif le 8 mai 1945, le qualifiant de "tragédie inexcusable".

Après avoir jugé que "la vérité, elle ne divise pas, elle rassemble", le président français a estimé : "L'histoire, elle doit être dite et je vais la dire." Selon lui, cela consiste à rappeler que "pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal". Et, "ce système a un nom : c'est la colonisation", a-t-il ajouté, déclenchant des applaudissements.

"Les paroles les plus fortes prononcées par un président"

A-t-il voulu enterrer les polémiques qui émaillent les relations franco-algériennes ? Après la signature d'une déclaration d'amitié, en 2003, par Jacques Chirac, elles s'étaient nettement dégradées en 2005 lorsque le Parlement français avait adopté une loi qui portait reconnaissance dans les programmes scolaires du "rôle positif de la colonisation". L'article de la loi a finalement été abrogé par le Conseil constitutionnel.

L'historien et vice-président de la Ligue des droits de l'homme Gilles Manceron estime que les paroles de François Hollande sont "les plus fortes qui ont été prononcées par un président de la République" français sur ce sujet douloureux. "Cela va dans un sens positif du point de vue de l'établissement de la vérité sur cette période coloniale et la guerre" d'Algérie, poursuit-il.

Hollande a reconnu la torture

Déjà, la veille, le président avait dit à France 2 souhaiter un "discours de vérité" et avait reconnu l'usage de la torture en Algérie. "A ma connaissance, c'est la première fois qu'un président de la République reconnait l'usage de la torture durant la guerre d'Algérie", explique Gilles Manceron. "Il semble qu'il y ait quelque chose de nouveau, ce sont des signes forts qui montrent un regard nouveau", estime-t-il. 

 

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