Afghanistan : un deuxième de jour de vote chaotique pour des élections législatives prolongées

Des fouilles devant un bureau de vote à Kaboul en Afghanistan témoignent du risque sécuritaire lors des législatives, le 20 octobre 2018.
Des fouilles devant un bureau de vote à Kaboul en Afghanistan témoignent du risque sécuritaire lors des législatives, le 20 octobre 2018. (FARID ZAHIR / AFP)

En Afghanistan, le scrutin a été prolongé à dimanche, après une journée marquée par des violences et des problèmes logistiques. 

En Afghanistan, le scrutin des législatives, prévu samedi 20 octobre, a été prolongé à dimanche. Des attaques menées par les talibans ont perturbé et parfois ensanglanté le vote. Ces élections, marquées par la présence de 16% de femmes candidates, ont aussi été contrariées par des problèmes d'organisation. 

Une logistique imparfaite

Des policiers armés de Kalachnikov, des soldats, des agents des services de renseignement restent postés près des bureaux de vote qui ont ouverts dimanche matin. Tous les électeurs qui sont repartis agacés, en colère, après avoir attendu parfois plus de deux heures devant un bureau de vote resté portes closes la veille, peuvent aller glisser leur bulletin dans l’urne.

Certains bureaux de vote, 360 sur 5 000 selon la commission électorale indépendante, n’ont pas pu ouvrir en raison de la sécurité. D'autres sont restés fermés parce que le système de vérification biométrique ne fonctionnait pas, ou en raison de listes électorales qui n’étaient pas à jour, ou encore parce que les agents n’étaient pas formés. La commission, qui a présenté ses excuses à la population, assure que le personnel et le matériel sont, cette fois, prêts à accueillir les votants.

Un contexte d'insécurité qui persiste

Encore faut-il que ces électeurs n’aient pas été échaudés et apeurés par les multiples attaques survenues samedi. Attentats kamikazes, bombes artisanales : c’est sur fond de sirènes d’ambulances et de bruits d’explosions que bien des électeurs se sont rendus aux urnes, il y a 24 heures, la peur au ventre. Plusieurs y ont laissés leur vie. Les talibans avaient prévenu la population dans des messages sur les réseaux sociaux qu'ils s’attaqueraient aux bureaux de vote. Et ils l’ont fait, visant clairement les électeurs, comme ils s’en sont pris aussi aux forces de sécurité en s’attaquant à plusieurs barrages de police. Le vote dans la province de Kandahar, au sud du pays, avait été déjà reporté au 27 octobre, en raison de l'attaque des talibans, jeudi dernier, qui a décimé la majorité de l'état-major sécuritaire local.

Pour chiffrer la participation au renouvellement de la chambre basse du Parlement, il faut attendre les premières estimations que donnera la commission électorale indépendante. Quant aux résultats du scrutin, ils ne seront pas annoncés avant le 10 novembre.         

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