Afghanistan : Obama promet une "enquête complète" sur le bombardement de l'hôpital de MSF

Le président américain Barack Obama lors d\'une conférence de presse à Washington, le 2 octobre 2015.
Le président américain Barack Obama lors d'une conférence de presse à Washington, le 2 octobre 2015. (OLIVIER DOULIERY / DPA / AFP)

Le président américain a présenté ses "plus profondes condoléances", samedi, après l'attaque dans laquelle 12 employés de MSF et 7 patients ont péri.

L'armée américaine a-t-elle commis une bavure en Afghanistan ? Le président des Etats-Unis,  Barack Obama, a promis une "enquête complète" sur le bombardement de l'hôpital de l'ONG Médecins sans Frontières (MSF) dans la ville de Kunduz, dans le nord du pays, qui a fait 19 morts et pourrait être dû à un raid américain.

Barack Obama a présenté ses "plus profondes condoléances" après cette attaque, dans laquelle 12 employés de MSF et 7 patients, dont trois enfants, ont péri, mais il a dit attendre les résultats de l'enquête "avant de porter un jugement définitif sur les circonstances de cette tragédie". Une prudence sémantique déjà de mise dans la bouche de la mission de l'Otan en Afghanistan, qui compte encore 13 000 soldats, dont 10 000 Américains. L'Alliance atlantique a évoqué des "dommages collatéraux", qui pourraient avoir été engendrés par un raid américain visant des insurgés talibans. Ces derniers se battent depuis lundi contre l'armée afghane pour le contrôle de Kunduz.

L'ONU déplore un bombardement "inexcusable"

Pourtant, l'ONU est vite montée au créneau, qualifiant ce bombardement d'"inexcusable". La frappe aérienne pourrait relever du "crime de guerre" si elle était jugée "délibérée par la justice", a déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein.

Une colère reprise à son compte par MSF. L'ONG, dont l'hôpital de Kunduz a apporté un soutien crucial aux civils pris dans les combats, a exigé la "transparence la plus totale de la part des forces de la coalition". Dans un communiqué, sa présidente, Meinie Nicolai, a même refusé que le terme de "dommages collatéraux" soit accolé à cette "tragédie".

Le récit accablant de MSF

La fureur des Nations unies est alimentée par le récit de MSF. Dans une interview à l'AFP, le directeur des opérations Bart Janssens a affirmé que des bombardements se sont poursuivis "pendant plus de 45 minutes" après que l'ONG a averti les armées afghane et américaine que son établissement de Kunduz avait été touché par de premiers tirs. 

FRANCE 3

MSF assure avoir transmis préventivement les coordonnées GPS de son hôpital à "toutes les parties" du conflit, et "notamment à Kaboul et Washington". "Les impacts étaient très ciblés, toujours sur le même bâtiment. L'avion est parti, puis il est revenu pour redonner suite à une série d'impacts, exactement sur le même bâtiment", a expliqué le Dr Janssens. Le bilan aurait d'ailleurs pu être bien plus lourd : au moment du bombardement, 105 patients et 80 membres du personnel, des Afghans et des étrangers, étaient présents dans l'hôpital.

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