Afghanistan: les ouvriers de la brique esclaves à vie

En Afghanistan, certains sont milliardaires alors que d’autres ne pourront jamais sortir de la pauvreté, à l’image de ceux qui travaillent dans les briqueteries.

Du lever du jour au coucher du soleil, Dil Agha travaille dans un four à briques à la périphérie de Kaboul, la capitale afghane. Pourtant, il restera endetté jusqu'à la fin de sa vie. Il ne pourra jamais rembourser au propriétaire du four le prêt de quelques milliers de dollars que celui-ci lui accordé pour une urgence familiale. Des dettes que ses enfants devront assumer même après à sa mort.
 
Le sort de la famille de Dil Agha âgé de 23 ans est le même que celui des membres de centaines de familles afghanes qui vivent dans conditions incroyablement difficiles. Ne pouvant jamais échapper à leurs dettes, ils restent pauvres pendant des générations, fournissant à leurs patrons une main-d’œuvre constante à moindre coût. La Commission afghane indépendante des droits de la personne (AIHRC) n’hésitent pas à les définir comme les «esclaves du 21e siècle»
 
Rafiullah Baidar, le porte-parole de l'AIHRC, l’affirme aux journalistes d’Associated Press: «Ils sont comme des prisonniers, mais cette situation est une violation complète de leurs droits humains» les plus élémentaires,  comme l’accès à l'éducation ou aux soins de santé et à des conditions de travail décentes. Car peu éduqués, peu formés et mal soignés, ils ne peuvent pratiquement jamais échapper à leurs conditions.
 
Pourtant, au cours des quinze dernières années, l'Afghanistan, pour combattre l’insurrection talibane et reconstruire le pays après des décennies de conflit, a reçu plusieurs milliards de dollars d'aides des Etats-Unis. Et plus de 70 pays se sont réunis à Bruxelles en octobre et se sont engagés à donner treize milliards d'euros pour couvrir les besoins de financement du pays durant les quatre prochaines années. En contrepartie des fonds accordés, l'Afghanistan doit mettre en œuvre un certain nombre de réformes politiques, économiques et sociales.
 
Neuf photos de Rahmat Gul datées d’octobre 2016 illustrent ce propos.
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