33 personnes ont été tuées dans un attentat-suicide près d'une mosquée chiite de Chabahar (sud-est de l'Iran)

Attentat contre une mosquée de la ville de Zahedan (sud-est de l\'Iran) le 15 juillet 2010
Attentat contre une mosquée de la ville de Zahedan (sud-est de l'Iran) le 15 juillet 2010 (AFP PHOTO / IRNA / AMIR RASHEKI)

80 autres personnes ont été blessées au cours de cet attentat suicide contre des fidèles chiites à Chabahar, revendiqué par le groupe rebelle sunnite Joundallah.L'attentat a été condamné par le président américain Barack Obama qui l'a qualifié d'"atroce", Londres s'est dit "horrifié" et la France l'a condamné "avec la plus grande fermeté".

80 autres personnes ont été blessées au cours de cet attentat suicide contre des fidèles chiites à Chabahar, revendiqué par le groupe rebelle sunnite Joundallah.

L'attentat a été condamné par le président américain Barack Obama qui l'a qualifié d'"atroce", Londres s'est dit "horrifié" et la France l'a condamné "avec la plus grande fermeté".

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon l'a aussi condamné "dans les termes les plus fermes possibles".

Selon le préfet de la région, "33 personnes ont été tuées et 83 autres blessées" dans l'attentat, le plus meurtrier contre des fidèles chiites depuis 1994. Un premier bilan faisait état de 39 morts et plus de 50 blessés.

Joundallah (soldats de Dieu) a revendiqué l'attentat sur son site internet, affirmant qu'il s'agissait d'une "vengeance pour la pendaison du chef du mouvement l'Emir Abdolmalek (Righi, arrêté en février et pendu en juin) et des martyrs du Joundallah".

"L'objectif de telles opérations est d'expulser les agresseurs (iraniens) du Balouchistan", ajoute le site, qui publie les photos des deux responsables de l'attentat, portant des ceintures d'explosifs, et identifiés comme Seifolrahman Chabahari et Hessan Khashi.

Un ministre iranien met en cause le Pakistan

Le ministre iranien de l'Intérieur, Mostafa Mohammad Najar, a de nouveau affirmé que les membres de Joundallah -classé en novembre par les Etats-Unis parmi les organisations terroristes-, utilisaient le Pakistan comme base arrière.

"Malheureusement, un groupe de terroristes, formés et basés de l'autre côté de la frontière, au Pakistan, ont commis cet attentat", a déclaré M. Najar, en ajoutant que l'Iran avait "averti" le Pakistan à ce propos, selon le site de la télévision d'Etat.

Le vice-ministre de l'Intérieur Ali Abdollahi avait affirmé plus tôt que "les équipements des terroristes montrent qu'ils sont soutenus par les services de renseignements de la région et des Etats-Unis".

Le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement, Allaeddine Boroujerdi, a de son côté accusé "les services de renseignements américain et britannique d'être derrière l'attentat".

Selon le préfet de Chabahar, Ali Bateni, "les terroristes (...) ont été repérés avant de mener l'action, mais l'un est parvenu à faire exploser sa ceinture d'explosifs". "Les deux terroristes ont été tués, le premier par l'explosion et le second par la police", a ajouté le gouverneur de la province, Ali Mohammad Azad.

M. Bateni a par la suite ajouté qu'un "troisième terroriste a été arrêté par les forces de sécurité". Selon un responsable du ministère des Renseignements, le troisième a été arrêté à la frontière alors qu'il tentait de quitter le pays.

Un attentat à la veille d'Achoura, qui commémore la mort d'Hossein

L'attentat, à proximité de la mosquée chiite de l'Imam Hossein à Chabahar, est intervenu lors des cérémonies de Tassoua, veille d'Achoura qui commémore la mort de Hossein, troisième imam du chiisme, à la bataille de Kerbala en l'an 680. La commémoration de la mort de l'imam Hossein est l'un des principaux événements religieux d'Iran, dont 90% de la population est chiite.

Ces cérémonies rassemblent partout dans le pays d'importantes foules qui participent ou assistent pendant deux jours à d'innombrables processions de rue célébrant le martyre de Hossein.

Chabahar est située dans le Sistan-Balouchistan, province frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan et le théâtre depuis dix ans d'une rébellion sanglante menée par des séparatistes sunnites de l'ethnie baloutche.

Ces dernières années, plusieurs attentats, revendiqués par le Joundallah, ont visé des mosquées chiites, des rassemblements religieux, des militaires ou de simples civils au Sistan-Balouchistan.