"La ville est triste" : après le naufrage du bateau de la SNSM, l'heure est au recueillement aux Sables-d'Olonne

Derrière les barrières qui empêchent l\'accès au lieu de l\'accident du bateau de la SNSM, des habitants sont venus se recueillir, samedi 8 juin 2019.
Derrière les barrières qui empêchent l'accès au lieu de l'accident du bateau de la SNSM, des habitants sont venus se recueillir, samedi 8 juin 2019. (JOEL LE GALL / MAXPPP)

Le beau temps est revenu aux Sables-d'Olonne, mais la ville est meurtrie après le décès en mer de trois sauveteurs. D’autant plus que la communauté des pêcheurs et celle des sauveteurs sont intimement liées.

Sylvie se tient en silence devant les barrières qui empêchent désormais l’accès au lieu de l’accident. Au loin, on aperçoit les grues en action sur le site du naufrage. Elle est pourtant venue, comme des dizaines d’autres, "pour faire une prière, dit-elle. Pour me recueillir auprès de ces sauveteurs qui sont partis pour sauver une vie." Deux jours après le naufrage d'une vedette de la SNSM en pleine tempête Miguel, qui a coûté la vie à trois sauveteurs partis porter assistance à un bateau de pêche dont le marin est porté disparu, les riverains sont sous le coup de la consternation. 

"Des gars sympathiques, des bons vivants"

À quelques rues de la mer, devant l'église Notre-Dame de Bon Port, une chapelle ardente en mémoire aux disparus a été installée. Jeanine explique que "dans tous les cas" elle ira à la messe, "parce que je pense qu’il y aura un hommage".  Emmanuel Macron a décerné la Légion d'honneur à titre posthume aux sauveteurs disparus. "C'est bien mérité, estime Jeanine. Ce sont des bénévoles, il ne faut pas l’oublier. Ils ne se sont pas posé la question de savoir s’ils prenaient des risques : ils les prennent."

Sur le port, les bateaux de pêche sont restés à quai. Nanar, une figure de la ville, connaissait bien le pêcheur imprudent. "Il est connu de tout le monde ! Il venait boire son petit verre, son café, comme tout le monde !" se souvient-il. Le riverain évoque aussi les sauveteurs, qui "venaient boire leur coup au Flash ! Des gars sympathiques, des bons vivants." Patrick, plagiste au Bikini Beach évoque lui aussi les disparus. "Le petit Moulic, je le connaissais un petit peu moins, mais par contre le petit Chagnolleau et Guibert, ça, je les connaissais bien. Parce que j’étais marin pêcheur moi aussi," explique Patrick. L'ancien marin s'interroge sur les motivations qui ont poussé le pêcheur disparu à prendre la mer en pleine tempête. "On se pose des questions, dit-il. Qu’est-ce qu’il faisait en mer, le marin pêcheur, Tony Guibert, que je connais très bien aussi, qui est décédé je suppose, puisqu’ils ne l’ont pas retrouvé."

Qu’est-ce qu’il faisait en mer ? C’était le seul. Tous les autres bateaux étaient rentrés.Patrick

Ici, tout le monde se connait, c’est une petite communauté dans le deuil. "Moi je trouve que la ville est triste," confirme Christian, un retraité sablais. "Ce matin je suis allé aux Halles, j’ai trouvé que c’était triste, rapporte-t-il. Il y a eu un arrêté municipal pour annuler toutes les manifestations sportives. Nous, on devait faire le triathlon, voilà c’est annulé en hommage, et en respect." En attendant l’hommage national aux sauveteurs disparus, la mairie organise une marche silencieuse et lance un appel aux dons pour venir en aide aux familles des victimes.

Un reportage de Benjamin Mathieu
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