Séisme au Mexique : la galère des victimes sans assurance habitation

Oskar Landin Rodriguez habitait avec sa mère et son oncle au quatrième étage de cet immeuble en partie effondré dans le quartier de la Colonia Narvarte (Mexico).
Oskar Landin Rodriguez habitait avec sa mère et son oncle au quatrième étage de cet immeuble en partie effondré dans le quartier de la Colonia Narvarte (Mexico). (GRÉGOIRE LECALOT / RADIOFRANCE)

La plupart des victimes du séisme qui a fait plus de 300 morts dans la capitale, mardi dernier, n'avaient pas d'assurance habitation. 

"On a conscience qu’il peut y avoir des risques, c’est une zone sismique… Mais c’est relativement cher, on paie déjà des assurances pour la sécurité sociale..." comme Oskar Landin Rodriguez, beaucoup de Mexicains victimes du séisme qui a fait plus de 300 morts, mardi 19 septembre, dans la capitale, n'étaient pas assurés. Ils ont tout perdu. 

La galère des Mexicains sans assurance : le reportage de Grégoire Lecalot et de Benjamin Chauvin.
--'--
--'--

Oskar Landin Rodriguez habitait avec sa mère et son oncle au quatrième étage d'un immeuble du quartier de la Colonia Narvarte, à Mexico. Le jour du séisme, "La moitié de l’immeuble est tombé quelques secondes après le tremblement de terre."

Les murs sont fendus, des pans de façades sont tombés. L’immeuble a été interdit et condamné. Depuis, "pas d'accès à l'appartement", impossible de "'récupérer les papiers." L'avenir semble incertain : les habitants vont "voir si l'État peut reconstruire l'immeuble". Dans le cas contraire, les propriétaires vendraient le terrain. "Chacun récupéreraient approximativement un million de pesos", alors qu'"un petit appartement dans la zone coûte entre deux à trois millions." Insuffisant pour rester dans le quartier.

À Mexico, seuls 5 à 10 % des ménages possèdent une assurance habitation

"Au Mexique, ce n’est pas du tout courant d’avoir des assurances, il n’y a pas du tout cette culture de l’assurance comme il peut y avoir aux États-Unis ou en Europe" explique Jesus Zorza Santos. Il est assureur, et s'il a constaté que de plus en plus de Mexicains se décident depuis que l’assurance automobile a été rendue obligatoire, il y a deux ans, le mouvement est très lent. À Mexico, 5 à 10% des habitants ont souscris une assurance pour leur logement. 

Principal obstacle : le prix. Une assurance habitation aurait coûté entre "6 000 à 10 000 pesos à l'année" [entre 300 à 500 euros environ] à Oskar Landin Rodriguez, soit un peu moins d'un mois de salaire médian au Mexique. Dans le pays, l’État n’oblige pas les assureurs à prendre en charge les dommages via la procédure de catastrophe naturelle. Il existe un fonds spécifique. Il est partagé entre l’État fédéral et les États régionaux, mais sa gestion reste opaque. Le tremblement de terre de magnitude 7,1 sur l’échelle de Richter a fait plus de 305 morts et une vingtaine de disparus