Quatre questions sur les séismes qui ont frappé la Charente-Maritime

Une toiture abîmée par le séisme du 20 mars 2019 en Nouvelle-Aquitaine, qui avait causé quelques dégâts matériels à Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente).
Une toiture abîmée par le séisme du 20 mars 2019 en Nouvelle-Aquitaine, qui avait causé quelques dégâts matériels à Barbezieux-Saint-Hilaire (Charente). (MAXPPP)

Un séisme de faible intensité a été enregistré samedi 6 avril à la limite de la Charente et de la Charente-Maritime, le deuxième dans la région en moins de trois semaines.

La terre a encore tremblé dans le sud-ouest de la France. A 6h44 samedi 6 avril, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Jonzac (Charente-Maritime), un séisme de magnitude 3,6 sur l'échelle de Richter (qui peut aller jusqu'à 9) a été ressenti. C'est la deuxième secousse dans la région après celle de magnitude 4,9 enregistrée le 20 mars. Cette activité sismique dans la région soulève quelques questions.

1Où ont eu lieu les séismes ?

Le plus récent des deux tremblements de terre a été enregistré samedi 6 avril. Son épicentre est situé en Charente, au sud de Barbezieux, et à 21 km au sud-est de Jonzac (Charente-Maritime), selon Christophe Cira, du bureau central sismologique français (BCSF). "Il est localisé à environ 12 km de distance de celui du 20 mars", précise le chercheur à franceinfo. Le 20 mars dernier, la terre avait en effet déjà tremblé dans cette même région et l'épicentre était situé tout proche de la ville de Montendre (Charente-Maritime), avait rapporté France 3 Nouvelle-Aquitaine

2Pourquoi des séismes si rapprochés dans la même zone géographique ?

"C'est assez classique, il s'agit vraisemblablement d'une réplique de l'événement du 20 mars", éclaire Christophe Cira. Une première réplique de magnitude 3 avait déjà été ressentie une demi-heure après, comme le confirmait Jérôme Vergne, sismologue à l'Ecole et observatoire des sciences de la Terre (EOST) à l'université de Strasbourg, à franceinfo"Et il y en a certainement eu d’autres, mais trop faibles pour être enregistrées", confirme Christophe Cira à Sud Ouest.

Le premier tremblement de terre a modifié les équilibres souterrains, ce qui peut entraîner de nouvelles turbulences dans la région. Il y a une différence notable toutefois entre les deux séismes : leur intensité. Celui qui a eu lieu le 6 avril est 30 fois moins puissant que celui du 20 mars.

"Samedi, la terre s'est décrochée sur moins d'un kilomètre et celle-ci s'est déplacée sur un centimètre", précise Christophe Cira. L'onde s'est propagée sur une cinquantaine de kilomètres alors que le 20 mars, elle avait été ressentie à 450 km à la ronde. "La terre s'était déplacée sur quatre centimètres", rappelle-t-il. Par ailleurs, le séisme ressenti à Quimper vendredi n'a, a priori, aucun lien selon lui avec les deux tremblements de terre ressentis en Nouvelle-Aquitaine. "Ce sont des lieux très éloignés, la terre tremble aussi en Bretagne, mais ce n'est pas annonciateur de quelque chose de plus grave", indique-t-il.

3De nouvelles secousses sont-elles à prévoir ?

La Nouvelle-Aquitaine est une "zone de faible sismicité, assure Christophe Cira, l'une des zones les plus stables de France". Mais pour autant, il n'écarte pas le risque de nouvelles secousses dans les prochains jours. Elles devraient logiquement être moins fortes que les précédentes, mais "rien n'est jamais exclu en sismologie", prévient-il. "On n’est pas à l’abri qu’il y ait dès demain une réplique plus forte que le premier tremblement de terre", comme il l'affirme au Parisien.

4Est-ce le présage d'un séisme plus puissant ?

Depuis le début de l'année 2019, 25 séismes ayant déclenché une alerte ont été enregistrés par le bureau central sismologique français (BCSF). 

Capture écran du site internet du bureau central sismologique français (BCSF) représentant la carte des séismes ressentis en France depuis le début de l\'année 2019.
Capture écran du site internet du bureau central sismologique français (BCSF) représentant la carte des séismes ressentis en France depuis le début de l'année 2019. (Bureau central sismologique français (BCSF))

"On recense 2 500 [tremblements de terre] en moyenne en France métropolitaine chaque année, affirme Christophe Cira, et seulement une dizaine ou quinzaine sont ressentis par la population." Le scientifique ajoute que l'être humain ressent un séisme lorque la magnitude dépasse 1,8, "bien que cela dépende de l'épicentre et de la profondeur de la secousse". Cette activité sismisque n'est pas le présage de quelque chose de beaucoup plus gros, à l'image du "Big One", ce tremblement de terre dévastateur dont la menace plane sur la Californie. "Pour la simple et bonne raison que nous n’avons pas de faille de cette taille, qui irait de Lille à Marseille, explique le sismologue au Parisien. A Jonzac, on parle d’une faille de 1 km de long."

En France, les zones les plus sensibles se trouvent dans le massif pyrénéen, dans la plaine d'Alsace qui est traversée par le fossé rhénan (une dépression qui va de la Suisse à l'Allemagne) et dans les Alpes. C'est dans cette zone que le séisme le plus puissant, "de mémoires d'hommes", précise Christophe Cira, a eu lieu. A Lambesc (Bouches-du-Rhône) en 1909, un séisme, rétrospectivement mesuré à 6,2, avait été enregistré, comme le décrit la préfecture des Bouches-du-Rhône (PDF). Il avait détruit cinq villages et tué une cinquantaine de personnes. 

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