Pollution : la mairie de Paris, "en colère", souhaite que la circulation différenciée soit "automatique" en cas de pic

Pollution atmosphétique au-dessus de Paris, le 17 février 2017.
Pollution atmosphétique au-dessus de Paris, le 17 février 2017. (AURELIEN MORISSARD / MAXPPP)

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, a exprimé sa "colère" sur franceinfo face à "l'inaction de l'État".

De nombreuses villes sont en alerte à la pollution atmosphérique. À Paris, la mairie s'agace contre le gouvernement et estime que "l'inaction de l'État est inacceptable." La mairie demande la mise en place de la circulation différenciée. Il faut "des principes d'automaticité qui s'appliquent aux méthodes de circulation", a déclaré sur franceinfo Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris.

franceinfo : La préfecture ne répond pas favorablement à votre demande. Qu'en pensez-vous ?

Emmanuel Grégoire : On est en colère parce qu'il faut bien comprendre que c'est l'accumulation qui aggrave le risque, le danger. On a eu un épisode très dur en fin de semaine, cela a été artificiellement mieux ce week-end du fait de la baisse de la circulation automobile. Cela recommence aujourd'hui et les conditions météo laissent à craindre que l'épisode anticyclonique fasse que plusieurs journées s'accumulent avec des taux d'exposition dangereux pour la santé.

Quels sont les arguments de la préfecture ?

C'est l'attentisme. Ils sont frileux en termes d'acceptabilité par les habitants. Or, c'est aux pouvoirs publics de prendre leurs responsabilités en la matière. Nous, ce que nous plaidons depuis longtemps, c'est que dès que les scientifiques fixent des normes d'exposition dangereuses il y ait des principes d'automaticité qui s'appliquent aux méthodes de circulation, comme c'est le cas pour les limitations de vitesse, de manière à dépolitiser le sujet. La circulation automobile est l'un des principaux contributeurs à la pollution, donc il faut prendre son courage à deux mains et prendre les décisions qui s'imposent.

Cela permettrait-il d'être mieux accepté par les automobilistes ?

Chacun prend son mal en patience, c'est quelques jours par an. Renoncer au confort individuel lié à la voiture, c'est possible en s'organisant. Si nous ne le faisons pas, le risque est que les épisodes de pollution durent. Donc, il vaut mieux agir vite et fort, de façon à limiter les risques de durée de ces pics de pollution. Il faut agir vite et systématiquement. On assume politiquement de porter cette mesure parce les gens doivent comprendre que l'exposition à ces particules fines on ne le ressent pas tout de suite et multiplier les expositions c'est prendre un très grave risque avec notre santé.

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