Pollution en Ile-de-France : la polémique sur la circulation alternée en quatre actes

Le périphérique parisien, le 10 avril 2015.
Le périphérique parisien, le 10 avril 2015. (MIGUEL MEDINA / AFP)

Anne Hidalgo et Jean-Paul Huchon ont demandé, dimanche, la mise en place de la circulation alternée dans la région pour faire face à un pic de pollution aux particules fines. Mais finalement, cette mesure n'a pas été mise en place. Explications.

La journée du lundi 2 novembre est marquée par un pic de pollution aux particules fines en Ile-de-France. Cet épisode est marqué par une polémique opposant la maire de Paris Anne Hidalgo et le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon à la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal. Le problème vient de la mise en place de la circulation alternée dans la région, une mesure que n'a pas décrétée l'Etat, malgré les demandes des élus locaux. Francetv info revient sur cette polémique en quatre actes.

1Airparif annonce un pic de pollution

Airparif, l'association chargée de la surveillance de la qualité de l'air en région parisienne, a annoncé dimanche que le "niveau d'information" devrait être dépassé lundi. En clair, la pollution aux particules fines va dépasser 50 microgrammes de poussières en suspension par mètre cube en moyenne sur la journée. La concentration de particules fines PM10 (diamètre inférieur à 10 microns) devrait être comprise entre 55 microgrammes et 65 microgrammes par mètre cube au maximum.

L'Agence régionale de santé recommande dans ce cas-là aux populations les plus sensibles de réduire leurs activités physiques, en plein air comme en intérieur. Sont notamment concernés les personnes âgées, les femmes enceintes, les jeunes enfants, les personnes asthmatiques ou ayant des pathologies cardiovasculaires.

La préfecture de police de Paris invite pour sa part les conducteurs à différer leurs déplacements dans la région, à contourner l'agglomération de Paris pour le trafic de transit et à réduire leur vitesse sur l'ensemble de la région. La situation devrait toutefois s'améliorer mardi, selon Airparif, en raison de l'arrivée d'une perturbation qui va en partie dissiper la pollution.

2Hidalgo et Huchon demandent la circulation alternée

Après la publication de l'alerte d'Airparif, dimanche matin, la maire de Paris, Anne Hidalgo, et le président de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon ont demandé dimanche à l'Etat "des mesures immédiates". Dans un communiqué commun, les deux élus socialistes "demandent à l'Etat de mettre en place sans attendre la circulation alternée, le contournement de l'Ile-de-France par les poids lourds de transit et la baisse de la vitesse maximale autorisée".

Mais cette demande transmise aux autorités n'a pas abouti. Ni la préfecture, ni le ministère de l'Ecologie n'ont réagi. En attendant, la mairie de Paris a décidé de mettre en place des mesures concrètes immédiates, comme le précise le communiqué de la mairie de Paris : "Dès lundi, la ville de Paris prendra une première mesure d'urgence, en rendant le stationnement résidentiel gratuit. En fonction de l'évolution de la situation dans les jours qui viennent, elle déclenchera d'autres mesures complémentaires: gratuité d'Autolib', de Velib', etc."

3Les écologistes critiquent l'inaction du gouvernement

Dans leur communiqué commun, Anne Hidalgo et Jean-Paul Huchon ne tirent pas vraiment à boulet rouge sur le gouvernement. Mais ils "rappellent leur volonté de faire évoluer au plus vite les modalités de réponse des pouvoirs publics en cas d'épisode de pollution, afin d'accélérer et de simplifier la mise en place des mesures d'urgence et d'en informer le plus tôt possible les citoyens".

En clair, le système de mise en place de la circulation alternée n'est pas suffisamment rapide. Pourtant, comme le fait remarquer l'ancienne ministre écologiste Cécile Duflot sur Twitter, à la fin du mois de septembre, Ségolène Royal avait annoncé l'entrée en vigueur d'un plan d'action pour la qualité de l'air. Il prévoit notamment la mise en place automatique de la circulation alternée dès l’annonce d’un épisode de pollution et non plus une fois que ce dernier est constaté, comme c’était le cas jusque-là.

4Ségolène Royal répond aux critiques

Alors qu'elle accompagne François Hollande dans un déplacement en Chine, Ségolène Royal a réagi dans la nuit de dimanche à lundi, comme le relaie France info. La ministre de l'Ecologie a d'abord annoncé qu'elle allait "demander au préfet de police de prendre les mesures qui peuvent être prises immédiatement, le contournement de la ville par les poids lourds et l'abaissement de la vitesse de circulation". Elle a ajouté que si le pic de pollution continue, la circulation alternée serait mise en place mardi en Ile-de-France. Une annonce étonnante, étant donné que les services météo prévoient l'arrivée d'une petite perturbation mardi, ce qui devrait fortement diminuer le taux de concentration de particules fines.

Mais elle a estimé que la demande de mise en place de la circulation alternée était arrivée trop tard sur le bureau du préfet : "Pour déclencher une circulation alternée à 17 heures pour le lendemain, il faut quand même un petit délai pour que le dispositif soit mis en place."

La ministre a tout de même regretté un "retard à l'allumage" de la part de la préfecture. D'après Ségolène Royal, le préfet a renvoyé la balle au ministère de l'Ecologie, alors que, selon le plan qu'elle a annoncé en septembre, que c'est à l'Etat, et donc à la préfecture, "de prendre ses responsabilités". "On est en période de rodage" a-t-elle ajouté. 

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