Pollution de l'air : le pneumologue Michel Aubier a été rémunéré plus de 150 000 euros par le groupe Total

Le pneumologue Michel Aubier dans l\'émission \"Allô docteurs\", le 1er mars 2016, sur France 5. 
Le pneumologue Michel Aubier dans l'émission "Allô docteurs", le 1er mars 2016, sur France 5.  (FRANCE 5)

L'ex-chef du service pneumologie de l’hôpital Bichat de Paris, Michel Aubier, a touché plus de 150 000 euros par an par le groupe pétrolier Total en 2013 et 2014, révèle le journal "Le Monde".

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Le pneumologue Michel Aubier est jugé mercredi 14 juin devant le tribunal correctionnel de Paris pour témoignage mensonger sous serment. Le 16 avril 2015, il était entendu par une commission sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l'air. Michel Aubier avait affirmé n'avoir aucun lien avec des acteurs économiques, omettant de mentionner qu'il avait été salarié par le groupe Total depuis 1997.

Sur franceinfo lundi soir, Stéphane Mandard, journaliste au journal Le Monde, révèle que Michel Aubier a été rémunéré plus de 150 000 euros par an par le groupe Total, en 2013 et 2014. Le spécialiste environnement du quotidien publie une enquête sur le site internet du journal lundi soir et mardi midi dans la version papier.

Plus de 170 000 euros en 2014

Stéphane Mandard a pu accéder à l'enquête préliminaire qui a conduit Michel Aubier au tribunal correctionnel. Il a constaté que sur l'année 2014, "il avait touché 109 956 euros en salaire, plus le versement de 1 200 actions, soit 171 504 euros de la part de Total." En 2013, c'était également plus de 150 000 euros. Michel Aubier était alors chef du service de pneumologie, allergologie, à l'hôpital Bichat de Paris et bénéficiait "d'un contrat de travail comme médecin conseil de la direction générale du groupe Total", affirme Stéphane Mandard, "et devait intervenir neuf demi-journées par mois dans les locaux de Total".

Il encourt cinq ans de prison

Pour sa défense, Michel Aubier affirme "qu'il n'y avait aucun lien dans le conseil en stratégie pétrolière, et donc pas de conflit d'intérêts", souligne Stéphane Mandard, qui s'interroge : "Pourquoi Michel Aubier n'a pas mentionné ce lien devant la commission sénatoriale ?" Michel Aubier encourt cinq ans de prison et 75 000 euros d'amende.

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