Le succès des SUV, plus polluants, est dû à "un effet de mode alimenté par les constructeurs"

Un SUV de la marque Mercedes-Benz (illustration).
Un SUV de la marque Mercedes-Benz (illustration). (CHRISTOPH SCHMIDT / DPA)

Le SUV "consomme à peu près 25% de plus qu'une voiture moyenne", mais les ventes de ces sortes de 4X4 urbains ont été "multipliées par sept en dix ans", selon Mathieu Chassignet, ingénieur à l'Ademe.

Le succès croissant des SUV, ces 4x4 urbains, est dû à un "effet de mode alimenté par les constructeurs", affirme jeudi 17 octobre sur franceinfo Mathieu Chassignet, ingénieur en charge des mobilités à l'Ademe (Agence environnement et maîtrise énergie) Hauts-de-France. Elle alerte à son tour sur le rôle des SUV, dans les émissions de CO2 en France, après l'Agence internationale de l'énergie.

"La plupart des pubs automobiles sont pour les SUV, pourquoi ?, interroge Mathieu Chassignet. Parce que ce sont des véhicules qui sont plus rentables pour les constructeurs, donc ils ont vraiment un intérêt là-dedans."

Aujourd'hui on voit que la plupart des constructeurs automobiles recentrent toute leur stratégie sur le tout-SUV.Mathieu Chassignetà franceinfo

Selon l'AIE, les SUV ont en effet été la deuxième source d'augmentation des émissions de dioxyde de carbone dans le monde entre 2010 et 2018. Et ce pour deux raisons principales, estime Mathieu Chassignet : d'une part, le SUV "consomme à peu près 25% de plus qu'une voiture moyenne", d'autre part "les ventes de SUV ont énormément augmenté en France". Ainsi, souligne-t-il, "en 2008 les SUV représentaient 5% du marché, en 2018 c'était 37%. Les ventes ont été multipliées par sept en dix ans".

Des véhicules polluants même les électriques

En plus de leur consommation, les SUV sont aussi plus polluants à la conception, selon lui. "Ce sont des véhicules qui sont plus lourds et qui nécessitent plus de matériaux. C'est plus énergivore", dévoile-t-il.

Quant à ceux qui tenteraient de se rassurer en investissant dans un SUV électrique, l'Ademe prévient : "La batterie a un coût environnemental élevé, ce qui est d'autant plus vrai sur un SUV, étant plus lourd, et consommant plus. Ce qui veut dire qu'il faut embarquer une batterie plus lourde, forcément plus coûteuse environnementalement à produire."

Et de souligner un paradoxe : "On va se retrouver à ce que l'État distribue des bonus [...] de 6 000 euros pour l'achat de SUV électriques qui sont des véhicules qui ne sont pas du tout souhaitables." En outre, remarque Mathieu Chassignet, "ce sont des véhicules plus dangereux. En cas de choc avec un piéton [...] le piéton a deux fois plus de risque de mourir par rapport à un une voiture normale."

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