"La pollution se dissipera quand on aura du vent ou de la pluie"

La tour Eiffel est à peine perceptible dans le nuage de pollution aux particules fines, le 20 mars 2015 à Paris. 
La tour Eiffel est à peine perceptible dans le nuage de pollution aux particules fines, le 20 mars 2015 à Paris.  (WITT / SIPA)

Hélène Marfaing, directrice adjointe d'Airparif, décrypte cet épisode de pollution aux particules fines pour francetv info. 

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La gorge gratte, les yeux piquent et l'Ile-de-France continue de suffoquer. Le seuil d'information aux particules fines devrait encore dépasser les 50 microgrammes par m3, lundi 23 mars, prévoit Airparif, l'organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air en région parisienne. La circulation alternée a été mise en place, alors que l'épisode de pollution dure maintenant depuis près d'une semaine. Quelle en est l'origine ? Eléments de réponse avec Hélène Marfaing, directrice adjointe d'Airparif.

Francetv info : D'où vient l'épisode de pollution aux particules fines qui se poursuit en Ile-de-France ? 

Hélène Marfaing : L'épisode qui a commencé en début de semaine dernière était d'abord un épisode de pollution locale. Puis nous avons eu une pollution importée d'ailleurs et à ce moment-là, nous avons récupéré une masse d'air pollué que nous avions nous-mêmes enrichie. Vendredi, nous avons observé un pic car il y avait notre pollution plus celle des autres pays européens. Samedi en fin d'après-midi et dimanche, une masse d'air propre et assainie est arrivée dans la région. Mais nous avions prévu un nouveau pic pour lundi car il fait beau et cette météo favorise la stagnation des polluants émis localement. 

La pollution locale est-elle essentiellement liée au trafic routier ? 

Il y a l'effet du trafic routier (28%), mais pas seulement. A cela s'ajoutent les émissions liées au chauffage résidentiel et tertiaire (26%), à l'agriculture (18%), ainsi qu'aux chantiers et carrières (18%). Il y a une pollution directe et il y a aussi des réactions chimiques qui se forment ensuite dans l'atmosphère. Ainsi, le trafic routier intervient en tant qu'émetteur direct, mais les pots d'échappement fournissent aussi des gaz qui vont réagir à l'ammoniac de l'agriculture par exemple.

Vous parliez de pollution importée. Pour cet épisode, d'où provenait-elle ? 

De toute l'Europe, notamment du Benelux et de l'Allemagne du Nord. Nous avons subi un flux d'air venu du Nord-Est, qui a circulé pendant 4-5 jours. Chaque pays apportait sa pollution, qui enrichissait la masse d'air. Mais nous y avons aussi participé. Même quand la pollution est importée dans la région, on l'enrichit puis elle va ailleurs. C'est pour ça qu'il y a toujours intérêt à tenter de la limiter avec la circulation alternée par exemple.

L'année dernière, l'Ile-de-France avait connu un épisode de pollution similaire, à peu près à la même période. Pourquoi le printemps est-il propice à la pollution ? 

C'est une période d'épandage, de travail au champ où on pulvérise les engrais. Et puis, on a des conditions météo particulières, comme celles de ce lundi, avec une stabilité atmosphérique. Il n'y a pas de vent, la masse d'air ne bouge pas et l'inversion des températures, qui résulte d'un sol refroidi par la nuit entouré d'une masse d'air tiède, produit une sorte de couvercle au-dessus de l'Ile-de-France. Plus il est bas, plus le volume dans lequel les polluants sont émis est petit et plus les concentrations sont élevées. 

Quand cette pollution va-t-elle se dissiper ? 

Difficile de prévoir. Cela se dissipera quand on aura un épisode très venteux avec une masse d'air propre, c'est-à-dire venue de l'Ouest, d'une circulation d'air océanique. Ou alors avec de la pluie. Il y en aura peut-être demain, mais les prévisions doivent encore être affinées. 

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