Pics de pollution : il faut "développer les transports collectifs et arrêter de construire des routes"

Des voitures sur le périphérique parisien lors d\'un pic de pollution. 
Des voitures sur le périphérique parisien lors d'un pic de pollution.  (ETIENNE LAURENT / EPA)

Etienne Tête, conseiller municipal EELV de la ville de Lyon, a plaidé sur franceinfo pour plus de gratuité dans les transports en commun pour lutter contre les pics de pollution. 

Il faut "arrêter de construire des routes car toute route nouvelle est toxique"
a déclaré mardi 26 février sur franceinfo Etienne Tête, conseiller municipal Europe Ecologie-Les Verts de la ville de Lyon, alors que des pics de pollution sont atteints en Ile-de-France ou encore dans le Rhône. Il propose aussi "de rendre des gratuités dans les périodes de pollution au niveau des transports collectifs."

franceinfo : Ces pics de pollution sont-ils une fatalité ?

Etienne Tête : Non, sur l’agglomération lyonnaise il y a une part d’amélioration sur les dix dernières années sur un certain nombre de polluants. Mais il reste des polluants qui ne sont pas jugulés, notamment les polluants liés à la voiture qui sont principalement le NOx et les particules liées au gasoil. C'est avec l’ozone, qui est le troisième polluant qui a du mal à disparaître, l’enjeu des années qui viennent.

Peut-on mettre en place des solutions pérennes toute l’année ?

Il y a des solutions durables. Il faudrait avoir une vision globale : les pics de pollution sont des atteintes chimiques au corps humain qui sont extrêmement sensibles. Mais en parallèle, ce sont les gaz à effet de serre. Or, pour les transports et notamment la voiture, c’est totalement lié, les politiques doivent être conjointes. Les solutions passent par le développement des transports collectifs : il ne faut pas réserver les centres villes uniquement à une élite privilégiée qui est résidente. On doit aller vers des politiques de transport collectif. Actuellement sur l’agglomération lyonnaise il y a un développement significatif, on lance un certain nombre d’opérations. Les enjeux c’est d’aller plus vite et plus fort pour associer les projets entre eux. On propose qu’il y ait une vision globale qui permette de rendre des gratuités dans les périodes de pollution au niveau des transports collectifs. Il y a même une réflexion chez les écologistes de rendre des gratuités définitives toute l’année.

A part cela, y-a-t-il d’autres mesures à prendre ?

Arrêter de faire des bêtises, chaque fois qu’on fait un nouveau projet routier, on redéveloppe la pollution. Cela a été très clair avec le tunnel de la Croix-Rousse qui a été développé sous Gérard Collomb : il y a une reprise de la pollution dans le secteur. Les politiques doivent avoir deux objectifs : développer les transports collectifs et arrêter de construire des routes. Toute route nouvelle est toxique.

A Paris, la maire Anne Hidalgo dénonce l’inaction de l’Etat, l’inaction de la préfecture qui n’a pas mis en place la circulation différenciée. Vous le regrettez aussi à Lyon ?

Il faut quand même savoir qu’il y a un retard global sur la France parce qu’il y a une inertie des politiques. La possibilité de réduire le nombre de voitures en ville date de la loi de Corinne Lepage de 1996, tous les textes législatifs existent depuis. Aujourd’hui il y a des arrêtés préfectoraux avec différents seuils de pollution et de réponses, on peut considérer qu’ils sont encore insuffisants. On a les moyens juridiques de le faire, on n’a pas encore tout à fait la volonté politique de le faire suffisamment tôt et suffisamment vite.

Quand on prend des mesures de restriction de circulation, pénalisent-elles forcément les plus modestes ?

Les voitures les plus polluantes sont les plus vieilles et aussi les voitures des riches, les plus puissantes. Je pense que la logique voudrait qu’on supprime les voitures au-delà de 9 chevaux, et les plus vieilles. Quand on s’attaque aux plus vieilles, on s’attaque aux pauvres. Il y a une équité devant la pollution qu’il faut mettre en place.

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