La circulation alternée a un impact positif sur la pollution, mais...

Des officiers de police contrôlent des véhicules, le 17 mars 2014 lors du dispositif de circulation alternée.
Des officiers de police contrôlent des véhicules, le 17 mars 2014 lors du dispositif de circulation alternée. (CITIZENSIDE / YANN KORBI / AFP)

... un rapport d'Airparif pointe les améliorations possibles du dispositif, la météo peu favorable à la mesure le 17 mars dernier et la nécessité d'une action pérenne "d'envergure". 

Bien mais peut mieux faire. C'est le bilan du dispositif de circulation alternée mis en place par le gouvernement le 17 mars dernier, selon un rapport d'Airparif, l'agence de surveillance de l'air en Ile-de-France, publié mercredi 14 mai.

La circulation alternée a permis de baisser de 6% la concentration de particules en plein pic de pollution. Mais le rapport ne considère pas le dispositif comme une solution miracle et estime que de nombreuses améliorations sont possibles. Il invite à revoir la méthode des plaques d'immatriculation et mieux choisir son moment.

Une baisse de la pollution...

Le 17 mars à Paris, la circulation s'est avérée de 18% inférieure à celle du lundi précédent, de 13% en petite couronne et de 9% sur la grande couronne, selon Airparif. Et le seuil d'information n'a pas été atteint. Par ailleurs, "une réelle diminution de l'exposition aux particules et une diminution encore plus forte de l'exposition au dioxyde d'azote liée à la mise en place de l'action a pu être révélée", détaille Airparif.

Entre 5h30 et minuit, la diminution de la pollution est estimée à plus de 6%, soit une baisse de 4 microgrammes de PM10 par m3, à proximité du trafic et notamment sur les grands axes parisiens. Le PM10 (matières microscopiques en suspension) est considéré comme cancérigène par l'Organisation mondiale de la Santé. Le chiffre atteint les 10% pour le dioxyde d'azote en journée sur le périphérique. Le dioxyde d'azote est un gaz irritant pour les bronches formées lors des processus de combustion des moteurs de voiture. 

Dans les zones éloignées, "l'impact est moins perceptible" avec une baisse de 2% du taux de PM10 dans l'air. Pour réaliser son calcul, Airparif a modélisé et comparé les émissions polluantes des véhicules circulant le 17 mars avec celles d'un lundi de trafic lambda, en l'occurrence celui du 10 mars. Ce jour-là, le seuil d'information avait été dépassé.

...mais des efforts restent à faire

Mais pour l'agence, viser les véhicules en fonction de leur plaque d'immatriculation n'est pas la bonne méthode, car cela "ne permet pas de cibler de façon sélective les véhicules les plus polluants", souligne l'agence. Airparif ajoute : "Des véhicules très émetteurs, de plaques impaires, ont circulé ce jour."

Un autre problème concerne le moment choisi par les autorités. La circulation alternée a le plus d'impact quand la pollution est forte et stagnante, soit une situation anticyclonique, peu de vent et une forte inversion de température – un phénomène typique de la saison hivernale. Or, selon Airparif, "ces conditions n'étaient pas complètement réunies lors de la journée du 17 mars". Un vent d'ouest avait commencé à souffler deux jours avant, et une inversion de température, pourtant prévue, n'a pas eu lieu.

Pour conclure Airparif estime que la circulation alternée a un "impact quantifiable et visible", mais qu'il faut "une action pérenne de grande envergure sur le trafic" – et pas seulement lors des pics – pour s'attaquer à la pollution chronique, qui touche entre un et quatre millions de Franciliens chaque année.