"Heureusement qu'il y a le bar le soir" : dans les Pyrénées, les skieurs s'adaptent face au manque de neige

Manque de neige dans les Pyrénées début janvier 2019. Illustration sur la station de Saint-Lary, à 2 350 mètres d\'altitude.
Manque de neige dans les Pyrénées début janvier 2019. Illustration sur la station de Saint-Lary, à 2 350 mètres d'altitude. (TOMMY CATTANEO / FRANCE-INFO)

Faute d'enneigement suffisant, seules 4 pistes sur 56 sont ouvertes en ce début janvier 2019 à la station de Saint-Lary.

Avec des températures douces pour un début janvier, la neige n'est pas franchement au rendez-vous dans les Pyrénées. Et cela ne fait pas vraiment les affaires des professionnels du ski. Seules 12 stations ont ouvert partiellement sur les 26 domaines. Et bien souvent, c'est grâce aux canons à neige. 

À Saint-Lary,  dans les Hautes-Pyrénées, il est en ce moment impossible de prendre le télésiège spatules aux pieds, il n'y a que de l'herbe et des cailloux. Et il faut atteindre 1 900 mètres d'altitude pour voir les premiers flocons sur une piste. "On vient depuis 15 ans dans les Pyrénées, et malheureusement c'est la première année qu'on voit si peu de neige, témoigne un skieur. Heureusement qu'il y a le bar le soir et les restaurants, pour se manger une bonne fondue."

Manque de neige dans les Pyrénées début janvier 2019. Illustration à la station de Saint-Lary, à 2 350 mètres d\'altitude.
Manque de neige dans les Pyrénées début janvier 2019. Illustration à la station de Saint-Lary, à 2 350 mètres d'altitude. (TOMMY CATTANEO / FRANCE-INFO)

Denis, un autre skieur venu de Rennes, préfère rester positif. "On pourrait ne pas avoir de neige et pas de soleil, là on a un gros soleil, c'est quand même les vacances, c'est agréable." Seules 4 pistes sur 56 sont ouvertes, et ses filles sont un peu déçues. "Je n'aime pas la neige artificielle, ce n'est pas la même sensation que sur de la vraie neige", déplore l'une d'entre elles.

Le prix du forfait journalier a été baissé, passant de 43 à 22 euros, et les vacanciers adaptent leur programme. 

On skie une heure, une heure et demie par jour, puis on fait de la marche. Tout ce qu'on fait l'été, on le fait cet hiver.Jean-Luc, vacancierà franceinfo

Forcément, il y a moins de monde sur les pistes, 2 000 skieurs par jour en ce moment, alors qu'il devrait y en avoir entre 8 et 10 000. Cela veut donc dire moins de monde dans le magasin de location de skis de Cyril aussi. "En général on loue à la semaine, aujourd'hui on loue à la journée, constate-t-il. On relativise, il y a 30 ans c'était la même chose. Très peu de pistes ouvertes, tout était fermé. Le froid a l'air d'arriver, le mauvais temps aussi, donc de la neige, donc on espère que ça se passera mieux. Dans tous les cas, ça pourra être difficilement pire que ce qu'on a maintenant."

"Il y a un dérèglement, ça on ne peut pas le nier, reconnaît Jean-Claude Dupla, directeur de la station de Saint-Lary. Après, l'hiver va se faire. Depuis 1989, on s'est adapté et il va falloir continuer à s'adapter par rapport à ce dérèglement climatique. On s'adapte aux clients, et là on va s'adapter aussi au climat, et on va penser nos investissements un peu différemment." Comme remplacer certains des 300 canons à neige de la station par des modèles plus récents, capables par exemple de produire de la neige même par des températures positives, ce qui aurait été bien utile cette semaine.

Le reportage de Tommy Cattaneo
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