Météo : "Cette année, au mois de mai, il n’y a eu qu'une seule journée sans orage en France"

La foudre lors d\'un orage à Bordeaux, le 18 juillet 2017.
La foudre lors d'un orage à Bordeaux, le 18 juillet 2017. (NICOLAS TUCAT / AFP)

Des orages de grêle impressionnants ont frappé le Sud-Ouest samedi, notamment Bordeaux et ses environs. Nous avons interrogé Steven Testelin, prévisionniste à Météo France, qui revient sur ce mois de mai "très actif" en termes d'orages.

Le joli mois de mai continue à faire des siennes. Les orages devraient continuer à éclater et de nouvelles chutes de grêlons ne sont pas à exclure dans l'Hexagone. S'agit-il d'un phénomène exceptionnel pour la saison ? Pour y voir plus clair, Franceinfo a interrogé Steven Testelin, prévisionniste à Météo France.

franceinfo : Les orages de grêle ont été impressionnants à Bordeaux, hier. Est-ce dû à la chaleur ?

Steven TestelinOn a eu un mois de mai chaud, avec actuellement 7 à 8 °C de plus dans l’Est que les normales saisonnières, et de 3 à 4 °C de plus à l’Ouest. Mais attention, la chaleur n'est pas la seule explication des orages de grêle : ils sont dus au contraste de températures entre la chaleur au sol et le froid en altitude, actuellement positionné sur l'Atlantique. Cette instabilité est très remarquable, assez typique de l’été.

Est-ce qu'il s'agit d'un mois de mai exceptionnel en termes d'orages ?

Au mois de mai, cette année, il n’y a eu qu'une seule journée sans orages en France, le 2 mai pour être précis. Nous prenons comme mesure le nombre d'impacts de foudre au sol. Au début du mois, c'est resté assez faible : le 1er mai, il n’y a eu que 18 impacts sur la France ; le 3 mai, 9 impacts ; le 4 mai, 18 impacts. Mais à partir du 5 mai, les chiffres grimpent. Cependant, nous n'avons pas assez de profondeur dans le temps pour que ça ait une valeur en climatologie. Nos statistiques sur les impacts de foudre ne remontent que jusqu'à l'an 2000, alors que nous pouvons comparer les températures jusqu'en 1940, voire 1900 pour certaines stations. 

Et par rapport à l'an 2000, comment se situe mai 2018, en termes d'instabilité?

Les mois de mai les plus actifs depuis l'an 2000 vont de 70 000 à 80 000 impacts de foudre au sol sur l’ensemble du mois. Rien que pour la journée d’hier (samedi 26 mai), on a eu 15 000 impacts. Il y a des mois de mai où on n’en a pas autant sur trente jours. On va être clairement sur une année haute, puisqu'on a déjà largement dépassé les 80 000 impacts au sol. Donc on pourrait atteindre un record depuis 2000. Nous ne pouvons pas remonter suffisamment loin dans le temps pour dire que c’est exceptionnel, mais c’est très notable. C’est un mois de mai très actif.

Est-ce que cela va continuer ?

Demain (lundi), le risque d’orages sera très présent partout sauf en Bretagne, dans le Cotentin et sur les frontières belges. Et on risque d’avoir de nouveau de la grêle. A l'Ouest, on a de l’air un peu plus frais qui va rentrer lundi et surtout mardi. L'instabilité va se décaler vers le Sud-Est.

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