Orages de grêle : des phénomènes difficiles à prévoir mais qui "sont amenés à se répéter", explique un climatologue

De gros grelons sont tombés samedi 15 juin à Romans-sur-Isère. 
De gros grelons sont tombés samedi 15 juin à Romans-sur-Isère.  (JEREMY PERRAUD / MAXPPP)

Le climatologue Robert Vautard est revenu sur franceinfo sur les violentes averses du week-end dans une partie de la France. 

Des grêlons de la taille de balles de ping pong se sont abattus samedi 15 juin sur les cultures de la Drôme et de la Savoie. Un phénomène "relativement exceptionnel" mais "pas inédit" en France, explique lundi 17 juin sur franceinfo Robert Vautard, climatologue et directeur de recherche CNRS à l’Institut Pierre-Simon Laplace. La taille des grêlons s'explique par "un mouvement rouleau" dans le nuage et "est proportionnelle au nombre de fois où le grêlon a fait le tour". Ce type de phénomènes est difficile à prévoir car ils "naissent à toute petite échelle".

franceinfo : Qu'est-ce qui explique la violence de ces orages de grêle ?

Robert Vautard : Dans ce type de configuration, il y a des orages qui peuvent se former et qui ont une structure très particulière avec un mouvement rouleau qui permet aux grêlons de, non pas tomber la première fois, mais de faire plusieurs cycles dans le nuage, de monter plusieurs fois très haut en altitude, de redescendre et de remonter parce que les courants ascendants sont très violents. On appelle ça les "super cellules". La taille des grêlons est proportionnelle au nombre de fois où le grêlon a fait le tour.

Un phénomène courant pour cette saison ou exceptionnel ?

C'est un phénomène qui en France reste quand même relativement exceptionnel mais qui n'est pas inédit. Ces phénomènes orageux très organisés comme celui-là se retrouvent dans des conditions de vent un petit peu particulières. Sinon, les orages se développent de façon un petit peu désordonné. Mais là, il était extrêmement structuré. Le mois de juin est un mois de contrastes avec encore de l'air froid parfois en altitude, de l'air très chaud qui vient du sud. Je rappelle qu'il faisait 40° à Ajaccio la veille, il y avait donc des contrastes de températures très favorables à l'explosion de ces orages.

Y-a-t-il un lien avec le dérèglement climatique ?

Ma réponse sera nuancée. Les phénomènes de grêle, on a encore trop peu d'études, trop peu de technologies qui nous permettent de modéliser la grêle dans les simulations climatiques. Les observations restent encore très hétérogènes sur la grêle et ne permettent pas de voir des tendances très claires. Ce sont des phénomènes qui naissent à toute petite échelle. En revanche, les conditions météo qui amènent à ces phénomènes orageux en général sont amenées à se répéter, surtout avec l'augmentation des températures qui permet d'avoir plus de vapeur d'eau dans l'atmosphère et plus de précipitations par conséquence. Les phénomènes violents arrivent déjà plus souvent. On sait que dans le sud de la France, les pluies les plus intenses se sont intensifiées d'environ 20% depuis 50 ans, dues au changement climatique.

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