Intempéries dans les Alpes-Maritimes : "Mais comment l'eau a-t-elle pu faire un truc comme ça ?"

Une habitante de Mandelieu-la-Napoule constate l\'ampleur des dégâts dans sa commune, le 4 octobre 2015, après un violent orage.
Une habitante de Mandelieu-la-Napoule constate l'ampleur des dégâts dans sa commune, le 4 octobre 2015, après un violent orage. (BORIS HORVAT / AFP)

Encore sous le choc, des habitants racontent les pluies diluviennes qui ont dévasté le département. Tous insistent sur le caractère inédit du phénomène.

Dimanche 4 octobre. Sous le soleil, les habitants de Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) se réveillent hébétés. "Je n'ai jamais vu ça", commente Marc Moinet, qui vit depuis 30 ans dans une résidence proche du fleuve le Riou de l'Argentière. Comme sur le reste du littoral, les rues de la commune ont été inondées après de violents orages. Plusieurs habitants ont été portés disparus dans des sous-sols.

Samedi soir, Marc Moinet a sorti sa voiture du parking souterrain de la résidence, mais cela n'a pas suffi : l'eau est montée jusqu'à 1,5 mètre, et a détruit son véhicule. "Je prends ce qu'il y a dedans, elle va partir ensuite à la casse", souffle-t-il, dans les rues couvertes de terre de la résidence.

Depuis le quatrième étage de la résidence, René Bibick a vite pris conscience de l'ampleur du phénomène. "On a connu trois inondations, les premières n'étaient pas aussi graves", assure-t-il, après avoir "vu des caravanes emportées" depuis le parking qui se trouve à proximité.

Des véhicules "emportés jusque dans la mer"

Entre 19 heures et 22 heures, 159 mm de précipitations sont tombés sur Mandelieu-la-Napoule. La commune n'a pas été la plus touchée. A Cannes, où une personne a été retrouvée morte, le bilan s'est élevé à 180 mm d'eau. "Certains véhicules ont été emportés jusque dans la mer", raconte le maire de la ville, David Lisnard.

Dans le quartier République, au nord de la célèbre Croisette, les rues sont éventrées et des voitures reposent sur le toit. "C'est stupéfiant, c'est pas possible, je crois rêver, c'est un mauvais rêve", commente Philippe, un riverain, les yeux écarquillés, sur i-Télé. Il regarde à gauche, à droite, incrédule. "Mais comment la force de l'eau a pu faire un truc comme ça ? C'est catastrophique pour les gens."

Sous le choc, Philippe évoque à toute vitesse "une rivière d'1,50 m en pleine ville". Il se souvient d'une scène dans une pizzeria, où le gérant a tenté en vain de "tenir la vitrine pour sauver ce qu'il pouvait", avant que l'eau ne force le passage.

Juste à l'est, dans la commune de Vallauris, "c'était l'apocalypse", confirme un boulanger, Louis Sapaudi, au micro de France Info"Il y avait de la terre, de la boue, des mètres et des mètres", décrit-il, dimanche matin, dans un quartier "dans le noir", privé d'électricité. L'eau s'est retirée, laissant apparaître des "trottoirs arrachés""Du jamais vu", conclut-il, lui aussi.

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